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Vous semblez considérer que l’intérêt de la France, c’est de voir se constituer en Europe, pour un temps plus ou moins long, — et qui serait forcément long, puisqu'il serait subordonné à l’accomplissement total des obligations d’une partie de ces nations, — deux groupes : le groupe des vainqueurs et le groupe des vaincus, cette discrimination régissant désormais toute conclusion d’alliances.
Cela, d’une manière certaine, à + échéance plus ou moins brève, après d’incessantes frictions et sous l’inflence finale d’un événement plus fort que les autres, et qui vous entraîne fatalement, c’est de nouveau le conflit sanglant.
Ce
à un groupe de bons rs - surtout | quand certaines d’entre lle ; sont de
les circonstances sont ne :
ns Rés ee pole enflammées. Les
Ce qu'il y a de terrible dans la déclaration de la guerre, c’est que les - gouvernements eux-mêmes n’en sont plus maîtres. Un événement surgit exploité par les journaux qui surexcitent le patriotisme des peuples, leur amour-propre; des courants se dessinent; la mystique s’éveille ‘et - les gouvernements sont impuissants.
Avant même que les peuples aient pu faire connaître leur sentiment, la guerre éclate et Les pays se couvrent de sang et de ruines. Et il en sera ; toujours ainsi, si l’on ne veut pas se décider à donner des juges aux peuples comme on en donne aux indi-
vidus.
J’admets fort bien qu’il n’yait pas .
à juger un régime politique, tout pays étant libre de se donner celui qui lui convient. Je veux. bien.
admettre aussi qu’un peuple jeune, vigoureux, pacifique, ‘bouillonnant entre ses frontières, soit naturelle-
ment porté à nourrir des vues d’ave-.
nir assez étendues. Je puis même comprendre qu’un tel peuple, dans
une minute de vive exaltation qui lui fait attribuer à tort à tel ou tel … la responsabilité de certains faits
dont il s’émeut profondément, cède & à un mouvement irraisonné, à une Fpoussée injuste, mais instinctive, de à mauvaise humeur qui le portera si
aveuglément à manifester ses senti- Ee ments. Je puis comprendre tout cela. |
Cependant, il y a un point où il faut s'arrêter. Îl y a tout de même des règles qui valent entre peuples, si exaltés qu’ils puissent être par leur politique intérieure et par leurs préoccupations nationales les plus légitimes.
Je n’exagère pas la portée de Pacte de Locarno. Je connais ses limites, je dirai ses lacunes; mais je sais aussi ce qu'il contient de rassurant.
Ce qu’il y a de meilleur en lui, m'’entendez-vous? c’est qu’il a donné la confiance aux peuples. Ce qu’il y a de meilleur en lui, c’est qu’il a été, au milieu des ténèbres, dans une
mosphers de menaces, la peti lueur à laquelle s attache lespri des peuples avec leurs espérances.
- Et ce qu’il a fait de. “bien dans ce.
pays, où il y a tant de voies de deuil, où l’on rencontre tant de jeunes hommes mutilés dans. leur chair, appauvris dans leurs facultés sociale , ce qu’il a fait de bien, c’est qu'il a permis à des mères de regarder leurs enfants avec l’espoir que, peut-être, ceux-là ne seront pas déchirés un jour sur des champs de bataille. = Il a fait cela,et quand il n aurait fait que cela, vous m entendez bien,
je m’honorerais de l'avoir ue one de tels ue
accompagné des réserves nécessaires.
Du moins ces réserves ne doivent-
… elles pas être stérilisantes; elles ne doivent pas troubler la confiance dans . les esprits,car s’il ne s’établit pas entre
les peuples un courant de confiance
- vers la paix, la paix demeurera com-
promise.
. Pour assurer la paix c’est l’Europe
qu’il s’agit d'organiser.
Ne voyez-Vous pas que, même après Locarno, bien des flammèches voltigent en Europe, demeurent mena-
çantes, bien des flammèches encore
trop proches des barils de poudre qui
n’ont pas été enlevés.
Si vous ne voulez pas que l’incen-
die éclate de nouveau, il faut sans
doute que vous preniez les précautions nécessaires à la paix. DNS