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ou, plus simplement
<|uc l'on pourrait appeler la Plainte des Filles-fleurs. Dans raccompa|2;nement,|clomine pendant longtemps le dessin suivant :
combiné ensuite avec le tiième des Alarmes (XXXI). Le tout aboutit, après d'intéressants développements, à la fanfare de Parsifal, (jui éclate, fiére et héroïque, à deux reprises différentes (pages i37, dernières mesures, et 143).
Par la décomposition successive des harmonies et des dessins des trois seuls thèmes (jue nous venons de citer, Wagner insensil)lcment conduit l'auditeur à la scène capitale de l'acte, la scène de séduction. Elle débute par un cho'ur, sorte de berceuse ou de valse chantée, caressante et voluptueuse, où toutes les langueurs, tout le charme capiteux de la femme vous enveloppent.
Ce morceau se développe sur un rythme modéré à trois temjis; la mélodie est gracieuse et d'une grande
simplicité. La persistance des successions de sixtes donne à l'ensemble le caractère voluptueux que voulait la situation; il saisit d'autant plus l'auditeur que tout le début de l'acte est traité dans une ^ammc sombre et violente.
Wagner divise le chœur féminin en quatre groupes de trois voix chacun et partage les répliques chantées entre les diverses voix de chacjue groupe; de la sorte, nous avons douze parties de chant toutes différentes : çà et là, seulement, une voix dans chatjue groupe exécute à l'unisson la même partie que celle du groupe voisin. Malgré l'extrême complication et renchevêtremcnt des voix, la sonorité de ce cho.-ur est, d'un Ijout à l'autre, un ravissement pour l'oreille. L'exécution, bien entendu, exige non seulement des chanteuses ayant la voix absolument juste et bien posée, mais encore d'excellentes musiciennes.
Le thème initia) est ainsi conçu :
Entre chacjue strophe du chœur, deux solistes
exécutent le dessin suivant :
La Partition.
fini passe à l'orchestre dans raccompagnement des courtes réplicjues de Parsifal, et devient ensuite le thème principal des solistes du chour. Puis s'ajoute un trf)isième dessin :
dont l'allure sautillante exprime à ravir le dépit des jeunes filles et les aj^aceries dont elles accablent l'innocent (jui les repousse. Ces divers thèmes reparaîtront plus tard, à différentes rej^ises, dans la scène de Kunchy et de Parsifal (pages 171 et 2o3).
Celle-ci se rattache directement à ce délicieux intermède. I^lle est magistralement introduite, au milieu du joli caciuetagedes l'^illes-fleurs, parles deux appels (lue Kundry, encore invisible, lance sur les deux derniers accords du thème de VOraclc :
P^r-ai - fali
L'effet de ces trois notes, une quinte suivie d'une tierce mineure, est j>rodigieux. Cette voix, lointaine encore, cjui s'alfirme impérieuse à la fois et séduisante, commande immédiatement l'attention. Sans doute, le tableau scéni()ue est ici jiour beaucoup dans l'imjiression produite, mais plus encore la simplicité extrême tles moyens employés pour
La Partition.
frapper fortement l'esprit. Cette notation musicale du nom de Parsifal vous reste dans l'oreille; elle vous obsède, il n'est j)lus possible de s'en détacher, tant la sensation reçue a été vive.
Parsifal! A ce nom, le héros se souvient, .\insi l'appelait sa mère, et délicatement, dans l'orchestre, passe le motif (XHcrzeleide (XXI). On entend aussi des fragments du thème de VOracle (XVII), du thème de la Lance sacrée (\ II), puistjue c'est cette lance tjue Parsifal veut reconcjuérir et que Kundry doit lui faire oublier; enfin le thème du Sommeil magique {X\ II), (juand, repondant à l'adolescent, Kundry lui dit : « Loin! bien loin, est ma patrie! et j'ai beaucoup vu ! " Toute cette partie dialoguéc n'est, en somme, qu'une transition pour conduire au grand récit de Kundry, cjui commence l'œuvre de séduction.
Ce récit débute par une sorte de cavatinc d'un mouvement très lent et très tranquille, d'une expression intense et d'un charme pénétrant :
Molto mod»Tat(» et tranquillo.
Cette délicate mélodie offre une très grande analogie avec celle (|ue développe l'orchcstro pendant les rêveries de Sicgfricil ; la voici :
dotce t ton amn-i
La Partition.
Le dessin mélodique est presque le même, et la marche des harmonies offre une ressemblance frappante. Le sentiment est, du reste, à peu prés semblaljle. Dans Siegfried, le jeune héros son<(e à sa mère, à son père, qu'il n'a jamais connus, et il interroj^e, à ce sujet, le nain cjui l'a élevé. Ici Parsifal écoute, ému, l'histoire de sa mère (jue \a lui redire Kundry.
Cette mélodie persiste à l'orchestre pendant quarante-cinq mesures en se développant par périodes de six et de huit mesures, et se rattache par une courte transition au thème (XHcrzcleidc lau 9 S, page II/), légèrement transfcjrmé dans sa C(»nstitution rvthmi(]uc :
Puis, parait (i)agc 117, poco piîi ritenutoi, un second thème relatif à Ilerzcleidc, extrêmement expressif, douloureux et tendre tout ensemble.
Cordf*
Il s'applicjue tout à la fois aux larmes quHcrzelculc versa lorsqu'elle vit partir son tilset à l'émotion ijui saisit Parsifal au récit de la fin attristée de sa mère, car le même thème revient, lorstjue Parsifal, éperdu,
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s'écrie, fou de désespoir : •• Ma mère! ma mère! (|u'ai-jc fait? T'avoir oubliée, toi, ma tendrement aimée! -
Tfiutc cette première partie de la scène entre Kundry et Parsifal est traitée avec une souplesse de main, une délicatesse de sentiment, un charme incomparables. L'explosion de la douleur de Parsifal, (jui touche au pathéticjue le plus sublime, nous introduit dans un autre onlre d'idées. Ce moment de la suprême douleur, Kundry l'attendait ; et, volui)tueusement, elle enlace l'enfant de ses bras. Ici, les thèmes connus se pressent , nombreux , dans un enchaînement du plus dramati(jue effet. Au moment du baiser, on entend le thème des Larnws d'Herzeleide confié aux altos, aux violoncelles et soutenu par de doux accords des instruments à vent, suivi immédiatement par le thème de la Malédiction; ensuite le motif de la Pitié; enfin les thèmes relatifs à la souffrance d'Amfortas (VI, \'II et IX), auxquels se mêle aussi le dessin chromatique du motif détnoniaqiic de Kundry. Tout ce (|ue Parsifal ressent, le trouble de ses sens, l'émotion douloureuse qu'évoque le nom de sa mère, l'éveil de sa conscience, la vision terrible de la faute d'Amfortas, tout cela la musique le peint avec une justesse d'accent et une force d'expression incomparables.
11 est inipossil)lede n'être pas puissamment secoué, lorstju'enfin, Parsifal s'étant agenouillé, de ces lambeaux de phrases pathétiques se détachent tout à coup les sereines harmonies du thème du Graai et la phrase de la Cène.
Kepoussée, Kundry revient à la proie qui va lui
La Partition.
échapper, et se fait, tour à tour, passionnée, suppliante, ironique, folle qu'elle est de dépit et de colère. Pas une nuance n'échappe au musicien. Notons ce thème nouveau (pages 190, 192 et 199):
cjui nous dit la supplication amoureuse de la Démone. Parsifal la repousse violemment. Kundry cherche alors à l'attendrir: - Oh ! si tu savais la malédiction qui pèse sur moi ! " Elle lui conte comment elle rit en voyant le Sauveur s'affaisser sous la croix. L'orchestre fait entendre, après un roulement de timbales, le thème de la Cèn€ altéré ainsi :
CUr. Hautb. et Vlolonr
M. de Wolzogen rapjielle, dans cette forme, le thème de la Croix. Signalons aussi la notation curieuse du mot ladite, je ris :