SCÈNE IV. f
Les Précédons, M. DEGERVAL.
M. DEGERVAL.
M'y voilà enfin .
ARMAND j apec humeur .
Justement , un importun qui vient nous interrompre. .
M. DE GERVAL, en riant.
Ah ! ah! je ne m'allcndals pas à trouver un tête-à-tête .
ARMAND, brusquement»
Eh bien!., quand ce serait. Monsieur, qu'y aurait-il d'étonnant .f'. .
M. DE GERVAL.
Comment! ce qu'il y a d'étonnant .?.. . et si je veux , m'étonner. . . qui m en empêchera.^
ARMAND
Personne, assurément... Et si cela ne vous convient paS; vous n'avez qu à le dire.
M. DEGERVAL.
Eh bien! corblcu. . . voiià qui est plaisant. . .
M"^^DE SENANGE.
Mon oncle . • • y pensez-^vous "i
ARMA]S[D , à part, ^on oncie!. . qu'aîlaisje faire?. . ah! maudite tête!
M. DE GERVAX.
Je voudrais bien savoir comment Monsieur m'empêchera d'êlre le maître ici?
ARMAND , se contraignant.
Moi, Monsieur. . . ce n'est nullement mon dessein.
M. DE GERVAL.
Si , Monsieur ; et le ton menaçant que vous preniez tout-à Fheure. . .
ARMAKD.*
Menaçant. . . je ne pense pas qu^il le fût.
M. DE GERYAL.
Eh bien ! moi, Monsieur, je Fat trouvé tel, et je n*9\ jamais souffert ni un mot , ni un geste équivoque. ^\
hKMk^jy ^ virement* \ \
. Permis à vous, Monsieur... (// rencontre un geste de^ Mad, de Senange^et s'arrête.) Mais je vous déclare que jamais je n^eus rintention de manquer de respect à M"^^ de Sénange. . . ni à un oncle qu'elle honore.
M. DE GERVAL.
A la bonne heure , Monsieur ; cette phrase-là est plus prudente et plus sage que l'autre!.. Qu'il n'en soit plus question, {bas à sa nièce,) Quel est ce monsieur-là?
M"^e DE SENANGE.
M. Armand. . . un jeune homme qui a quelque fortune , et qui cultive par goût, la peinture et la musique. . . U se rendait à Paris , lorsqu'un accident l'a forcé à me demander asile.
M. DE GERYAL .
Le hasard pouvait mieux te servir; car il n'est pas très poli. . . et de plus, il me fait l'effet d'un- poltron.
Je ne crois pas.
M., DE GERYAL , bas à Mad. de Senange.
Toi!., sans doute!... mais moi qui m'y connais «.. {haut,) Ah çà! ma chère nièc i, nous allons avoir aujourd'hui une société eî: une journée agréable. .. ce sont les fêles de ton mariage qui commencent.
ARMAND
De votre mariage ?.
M. DE GERVAL.
Certainement ; et puisque vous êtes musicien , à ce que
dit ma nièce , vous ferez votre partie . . car nous chanterons, et beaucoup... Tel que vous me voyez, j'ai une voix de corsaire... amateur. — Dans ma jeunesse^ je jouais les Elleyicu et les Martin; et plus tard, ♦en pleine mer^ j'ai naturalisé sur mon bord, l' Opéra-comique.
( Il chante. )
Ma barque légère Portait mes filets.
hir de,Préi>ille et Taconnet,
Plus d'une fois, jouant la comédie, Dans un morceau pathétique cl touchant, J^ai vu venir la frégate ennemie Qui nous tçoublait dans le plus beau moment. {})is^ Mais notre troupe à la réplique exacte , Cha}7geant de rôle , et toujours eii chantant, Livrait gaiment un combat dans Tentr^acte, ipis^ Et reprenait après le dénouement.
Quoi ! l'union de madame serait si prochaine.
M DE GERVAL.
Aujourd'hui même, il faudra qu'elle se décide (à Mad. de Senange^ Tu m'as donné ta parole pour notre Sous- Préfet.
ARMAND
J'ignorais que Madame fût engagée.
M. DE GERVAL.
Vous conviendrez, mon cher , qu'il n'y avait pas de nécessité que vous en fassiez instruit. . . (à Mad, de Senange, ) Après cela, ^ si ce n'est pas lui, ce sera un autre . . Je t'amène un original avec qui j'ai fait dernièrement connaissance.... M. de la Durandière , un excellent garçon, tapageur, mauvaise têîe et brave comme un César; voilà comme je les aime. Du reste, riche à million. . .il cherchait à acheter une propriété ; je lui ai parlé de la tienne , que tu voulais vendre il y a quelques mois , et il doit venir aujourd hui .
M"»^ DE SENANGE.
Vous savez bien , mon oncle , que j'ai changé d'idée.
M. DE GERVAL.
C'est égal ; il faut toujours qu'il vienne... c'en est un de plus... peut-être qu'il te plaira.
ARMAND
J'îgnoraîs , ce matîn , que vous attendissiez une société aussi nombreuse... Vous-même , vous ne comptiez pas sur es personnes que M. votre oncle a invilées... et je craindrais qu'un plus long séjour ne fû. indiscret.
Nullement, Monsieur; mon oncle vous dira...
ARMAND
Je connais votre obligeance et la sienne , et je ne veux point en abuser... Je vous prie, Madame, de m'accorder la permission de tout disposer pour mon départ , et de vouloir bien, d'avance, recevoir mes adieux. {Il sort, ^
M. DE GERVAL.
Eh bien ! mon cher ami ;, je vous souhaite un bon voyage.