ORNE
valeur de la chose. » et plus loin (p. 29) : « il est douteux qu’il soit exact de mettre dans la catégorie de fructus certains produits, dont ni la germination ni la génération n’exige aucun concours de l’activité humaine et qui tombent en notre possession exclusivement par suite d’un processus indépendant de notre volonté : fetus pecorum, partus ancillae. On a décidé dans ce sens que, quoique le premier doive être in fructu, le dernier ne le doit pas, et, à la vérité, il semble qu'ici a prévalu cette raison que les animaux sont entretenus le plus souvent non seulement à cause de leurs opera, leur lait, leur toison, mais aussi à cause de leur progéniture ; que l’on prend soin de l'obtenir, que même on nourrit leurs petits, ce qui ne s’applique pas aux esclaves ; ainsi le partus ancillae doit être considéré comme donum fortunae et non pas comme le revenu obtenu de la chose. »
Le passage est remarquable. Plus bas (1) nous reviendrons au sens véritable de donum fortunae, expression heureuse mais qui provient de considérations autres que celle de l’existence de l’activité humaine. A en croire Varron (2) cette idée que Güppert évoque comme fondement de la règle est loin d'être affirmée par les faits de la vie économique. Si nous aous référons d’ailleurs à sa note 32 (3), nous aurons constaté que sa propre théorie est contradictoire en elle-même, vu la supposition de l’auteur qu’il y avait une branche spéciale de l’industrie — l'élevage d'esclaves.
11 y a, en outre, une contradiction concernant la définition
(2) V. page 42.
(3) V. plus bas,
TS
de fructus, car à la page 13 l'auteur fonde ie rapport d'une plante qui a pris racine avec le so! (qui consiste en ce que cette plante n'est plus considérée comme existant par eflemême et est qualifiée comme partie intégrante du terrain, à partir du moment de coalescere) (1) sur la conception antique, qui résulta de ce qu'on ignorait la plantation par les mains de l’homme, et sur ce raisonnement que c'est le hasard qui fait tomber la semence dans la terre et que la croissance se produit par la terre sous l’action des forces naturelles. Pourtant les fruits des plantes sont eux aussi liés au sol : fr. 25 pr., $ 1 D. 22. 1 … omnis fructus non iure seminis, sed iure soli percipitur … in percipiendis fructibus magis corporis ius ex quo percipiuntur, quam seminis in quo oriuntur adspicitur.
Si ce fondement de la construction du rapport de la plante avec la terre qui dérive de ce principe qu’on méconnaissait la part de labeur humain, est juste, alors il est étonnant qu'il se soit conservé pour les fruits. Du point de vue de l’auteur l'idée même des fruits implique l'intervention humaine, et si la génération des plantes (ensemencement, etc.) suppose déjà — ce qui découle de la définition de frui exposée plus haut — sa dépendance des efforts de l’homme qui sont nécessaires pour les approprier. L'explication qui suit les passages précités : « en partant de là (c'est-à-dire de la conception antique) on en est venu à considérer le résultat de l’ensemencement et de la plantation, comme étant uni par un
(1) CT. Tr, 2608 2 D de nur de 41 M4 Puul LEXEVRAM SD ETAT 8 13 eod. Gaius !. II. Rer. cott, ; aussi fr. 9 pr. eod.
NEr h = Eh, à