‹ Partus AncillaeChapitre 12 sur 75 · EN ES · texte numérisé non relu

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« Weltanschauung ». Or, le partus ancillae appartient à l'époque lointaine, et les considérations des sources qui paraissent bizarres à un Allemand du xix° siècle qui les rejette ne sont ni puériles ni ridicules dans la perspective historique. « On a remarqué plus d’une fois — poursuit l’auteur — qu'elles (les expressions des fragments rejetés) auraient pu, tout aussi bien, faire écrouler l'institution entière de l'esclavage, et surtout le droit indubitable de propriété exercée par le maître envers l'enfant de l’esclave ».

Pour autant qu’on puisse saisir sa pensée, Gôppert a vu dans le contenu de nos fragments, présentés comme ils le sont d'ordinaire. Cela importe surtout pour cette partie du fr. 68 prise isolée de son contexte, quoique d’ailleurs, Güppert n’approuve aucune des deux doctrines contenues dans les sources. Il les comprend, done, comme des considérations d'ordre moral, qui s'opposent à une telle dégradation de la dignité propre à tout homme — füût-il esclave. La citation de Pôlschau (un peu plus loin) prouve que c’est bien ces considérations-là qui, dans la pensée de Güppert, auraient dû produire leur action subversive sur l'institution de l'esclavage, si seulement on avait jamais pris au sérieux les passages où ils se trouvent. Cependant c’est justement le caractère éthique de ces raisonnements, qui n’est pas démontré. Il se peut que les fragments n'aient rien à voir avec les grandeurs éthiques et rapportent à un Système de tout autre ordre, Ailleurs (pp. 13, 14,15) Gôppert remarque lui-même jusqu'à quel point les notions que les Anciens avaient de la nature, différaient des nôtres. Pourquoi ne pas admettre que nos passages ne sont que le reflet des idées abandonnées plus tard et qui nous semblent étranges ? Alors ces fragments, tels quels, ne contiendraient au-

cune menace à l'institution de l'esclavage. Autrement dit, ce qu'on lit dans la note 32 ne s’ensuivrait nullement de l'étude consciencieuse et non prévenue du contenu de textes.

« Je suis enclin à supposer — poursuit Gôppert dans la note — que ces expressions étaient suggérées par cette observation que partout dans Ja Rome impériale s'était développé l'élevage des esclaves, comme une branche spéciale de l’industrie, et que, vu que le fait de posséder de grandes masses d'esclaves était devenu très fréquent, la progéniture des esclaves ne pouvait pas manquer de devenir l’objet des supputations économiques, de sorte que les considérations qui ont été jugées définitives, lors de la clôture antérieure de la controverse, ne pouvaient plus garder leur valeur »., Si cela veut dire que l'argumentation des sources « non temere ancillae... », interprêtée par Gôppert du point de vue de sa théorie, avait cessé, sous la pression des circonstances indiquées, de correspondre aux réalités du commerce juridique, et que de ce fait, les jurisconsultes avaient été amenés à inventer d’autres motifs et de les formuler dans des développements qui ont tellement déplu à l’auteur — et il est difficile de comprendre ce passage autrement — alors nous avons une triple raison de douter que les idées émises par lui soient exactes.

4° Sur quoi l’auteur fonde-t-il sa supposition que la plus ancienne expression de la controverse est celle donnée dans

le fr. 27 ? Les sources ne permettent pas de conclure ainsi. La première mention de la controverse se trouve chez Cicéron

(de fin. 1, 4, 12) qui se borne à constater qu'il y avait eu une discussion entre P. Mucius Scaevola et Manius Manilius d’un côté et M. Brutus de l’autre. Notre fragment 68 donne la sen-

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