‹ Partus AncillaeChapitre 15 sur 75 · MIO ES · texte numérisé non relu

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prenait des mesures pour obtenir les partus ancillarum. Varron (de r. r. 2, 10, 6) écrit : quod ad facturam humanam pertinet paslorum qui in fundo perpetuo manent, facile est, quod habeant conservam in villa. Qui autem sunt in saltibus his mulieres adiungere utile arbitrati multi. Le maître poussait ses esclaves femelles à l’enfantement en leur accordant différents privilèges selon le nombre de partus, ayant en vue l'augmentation de son patrimoine : feminis quoque fecundioribus quarum in subole certus numerus honorari debet otium nonnumquam et libertatem dedimus, cum plures natos educassent. Nam cui tres erant filii, vacatio, cui plures, libertas quoque contingebat. Haec est iustilia et cura patris familias

muiltum confert augendo patrimonio (Columella 1, 8, 9).

Telles sont nos raisons de penser que la théorie de Güppert est insoutenable. Avant de passer à d’autres théories, notons quelques particularités de travail scientifique de notre auteur. Bien que Güppert parle des idées antiques, il ne les saisit pas. Et pourquoi ? Il regarde les modifications extérieures du régime économique auxquelles viendraient S'adapter automatiquement les doctrines juridiques, et il conçoit ce processus comme une évolution presque mécanique. Les modifications du milieu, telles qu’elles sont révélées par les témoignages des sources ne suggèrent point à l’auteur l’idée de s'élever jusqu'à l’œuvre individuelle, même là où ce chemin lui était ouvert. Il n’est pas capable de distinguer le caractère propre à la vie historique romaine. Il ne relève que les caractères ressemblants à l’époque dont il est le fils. Il envisage les faits de l'histoire romaine comme s'ils étaient des événements passés en Allemagne du xIx° siècle. Ce qui est propre à la civilisation antique et à des figures de Romains

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lui échappe. Par conséquent, la reconstitution du processus de l'élaboration des notions qui sont en jeu est restée hors du cadre des raisonnements. Telle est la cause, il nous semble, de ce fait que la tentative d'expliquer historiquement les textes en question a échoué,

Windscheid (1) cherche les raisons de la règle dans ce que l'élément essentiel des fruits — la destination économique de la chose à les produire, manque par rapport à l’ancilla et. le part. C'est-à-dire il évoque la théorie du fr. 27. De même Accarias 2?) et Girard (3). Hôlder (4) et autres pandectistes émettent les opinions plus ou moins ingénieuses sur la construction de la règle par Ulpien, formulée dans les. fragments 68 et 27, parfois ils s’abstiennent de l'analyse, en se contentant de noter la règle comme MM. Czyhlarz (5), Brinz (6), Arndt (7), Baron (8), Buckland (9).

(1) Lehrbuch des Pandektenrechts. Vol. I, p. 408.

{2) Précis de Dr. Rom. T. I, p. 696, 4 éd. 1886. I1 faut noter d’ailleurs qu’'Accarias présente. la complexité du problème. Cependant 1a note 2 trahit qu'il n’a pas saisi le sens de la controverse au temps de Brutus. V. plus bas. $ 18,

(4) Pandekten, $ 34,

(5) Institutionen, p. 86,

(6) Pendekten.

(7) Lehrbuch der Pandekten, p. 73.

(8) Pandekten, p. 82.

(9) A text book of Roman Law. Cambridge 1921, p. 223. La Théorie de M. Buckland exposée dans le « Roman Law of Slavery », sera vue plus bas dans le 8 6,

- Théorie de l'influence de la philosophie grecque sur la règle. Fr. 68 D, de usufr. 7, 1. Ulpianus lib. XVII ad Sab, et Fr, 28 D. de us, et fr, 21, 1. Gaius lib 1 Rer. GCott.

Nous n'avons pas eu en mains le traité de Vollenhoven. « De exigua vi quam philosophia graeca in efformanda iuris romani habet. » Cependant Sokolovski (4) qui le cite dans son livre sur le même sujet a, paraît-il, utilisé cette étude, et à en juger d'après ses citations, ce défaut de bibliographie n'est pas très grave.

Heiïimbach (2) déduit la règle de la phrase d’Aristote dans Politica 1, 8, rüv &vdpénuv Évexey aûra névra remoimxévar Thv qÜaty. Il croit que cette conception a évoqué chez les Romains le sentiment moral, qui pouvait ne pas apparaître chez un peuple aussi habitué à l'esclavage et en vertu duquel on a introduit la distinction entre l’homme et les animaux, ce qu'Ulpien à exprimé avec tant de force par les mots neque enim in fructu hominis.. etc Costa (3) croit lui aussi que l'argument de Gaïus dans le fr. 28 $ 1? cit. comme celui d'Ulpien fr. 68 pr. $ 1 cit. sont les reflets de la philosophie grecque. C'est, d’après l’auteur, la théorie stoïcienne selon Iaquelle l’homme est considéré comme le seigneur de l’univers.

(4) Die Philosophie im Privatrechte, T. I.

(2) Lebre von der Frucht, p. 51.

(3) La filosofla greca nella jurisprudenza Romana. Parma 1892, p, 48.

Les textes qu'il évoque sont : Cic. De off. 1, 7 ; De nat. deor. I, 62 ; De fin. II, 20. Sokolovski de même invoque la philosophie stoïeienne comme la source de la règle. Ce qui paraît être douteux c’est justement cette référence au stoïcisme. La théorie péripatéticienne a été attribuée par erreur au stoicisme par Lucrèce et par Cicéron (4), ce qui a, paraît-il, induit en erreur les deux auteurs.

Sokolovski consacre au problème une étude plus volumineuse et plus travaillée que celles des auteurs mentionnés, et les objections à sa méthode et aux résultats de son étude sont à fortiori applicables aux théories mentionnées, sauf quelques étails propres à l'auteur, C’est pourquoi nous insisterons dans ce paragraphe sur la critique de ses pages,

Le savant romaniste, en trouvant, avec raison, que la notion de fructus chez les philosophes et les jurisconsultes n'est pas quelque chose de tout à fait défini et d’applicable dans tous les cas, estime que, du point de vue naturel (vom natürlichen Gesichtspunkte) elle se déduit de celle de la substance : ce qui est décisif c'est l’'homogénéité, l'identité, et la croissance. Les parties de la substance doivent avoir la capacité de s’en séparer sans que cela soit au détriment de sa puissance éventuelle de se reproduire « du dedans en dehors ». Après chaque séparation des parties, reste toujours la « salva substantia » capable de reproduction (développement) (p. 445). Partant de ces prémisses, l'auteur passe au problème de Île eondition des petits des animaux (p. 462). « Les opinions des premiers jurisconsultes romains sur cette question s'étaient

d) Cf, Roby. De usufructu Just, Dig. lib, VII. Tit. 1. Cambridge 1886, pp. 241, 242,

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