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à ce que Septime Sévère après son avènement voyait d'un œil favorable les originaires de Syrie et de l'Afrique. N'’était-ce le même Claudius Tryphoninus, gouverneur de Syrie à qui s'adresse la constitution de l'an 213 (C. 1. 9) (1). Or, les idées juridiques concernant les régimes matrimoniaux subissent l'empreinte nationale la plus tenace et la plus accentuée (2),
2 M. de \isscher (La condictio, p. 135) cite Ulpien et passe du fragment de ce jurisconsulte à la conclusion : « le germe de l’idée bizantine se trouvait CHeZ LES JURISCONSULTES CLAS- SIQUES » : la généralisation ne me semble pas admissible. Ce serait une ignoratio elenchi toute claire. Ce qui est caractéristique pour Ulpien est étendu aux jurisconsultes classiques en général (3). Je n'insisterai pas là-dessus. D’autres exemples ne sont pas nécessaires, il n’est pas difficile d'en trouver plusieurs. Ce qui est frappant c'est que nous en ayons trouvé un dans l'ouvrage à la fois fin et profond de M. de Visscher. Ce n'est pas le défaut de l'nterprétation — c’est la faute d’attention signalée qui est la conséquence directe non pas du défaut de la méthode de recherches historiques mais de la théorie générale de l’histoire.
Dans une science développée c’est une théorie générale qui détermine la méthode, mais dans le développement historique de la science historique s’accuse plutôt l'inverse. La méthode, somme nous l'avons mentionné plus haut, a exercé une in-
{1) Cf. le passage des Scripl, Hist, Aug. « Pescennius Niger », plus bas, $ 8.
(2) Cf. l'édit du préfet d'Egypte Tibère Alexandre (Girard, Textes, 474-176), cité dans la note 1 eod.
{3) Cf, plus bas conelusion.
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fluence sur sa théorie. Et, puisque la méthodologie attire toujours plus l'attention, puisqu'elle est liée plus étroitement avec la matière travaillée, une confusion se fait jour de la théorie et de la méthodologie, et cela plus souvent qu'on ne le pense.
Il existe une idée, exprimée parfois par tel ou tel éminent savant, que la méthode historique est, par excellence, une méthode objective ou, du moins, elle le serait si elle était maniée par un savant in abstracto qui n'existe pas ; elle conduiraïit, selon cette opinion, à la vérité si les instruments employés et si l'homme qui s’en sert étaient parfaits. On devrait ajouter, eroyons-nous : « si cet homme parfait faisait face aux textes des auteurs in abstracto dépourvus d'accent d'individualité. » Et dans ce cas Les recherches historiques seraient superflues. Le milieu autant qu'il serait éclairé ne nous expliquerait pas d'une façon adéquate la réalité du devenir historique. Ce n’est qu'un élément ou plutôt une agglomération d'éléments qui a tendance à déterminer, mais qui ne détemnine pas d’une facon absolue Ia vertu créatrice de l’homme.
ll importe de ce point de vue, de nous arrêter à l’idée du « développement graduel et continu du droit » conçu comme nn processus ininterrompu de l'adaptation des rapports intrinsèques du droit aux rapports extérieurs de Ha vie, Il n'existe pas à notre avis d'évolution ininterrompue — Ile processus historique ne se développe pas continuellement, mais par à-coups. Et si en réalité il n'existe que ces chocs, l'illusion de continuité frappe notre esprit en tant que celui-ci est lié # la vie des autres. Or, l’individualité de l’homme est earacbrisée par ce qu'elle est capable non seulement de contact avec les individualités co-existantes (dans la durée comme
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dans un moment donné) mais d’interpénétration mutuelle.
Expliquons-nous.
Dans la science historique du droit les textes juridiques. ent une importance capitale comme les sources de son étude. IE arrive bien souvent qu'on considère les règles juridiques eontenues dans ces textes comme autant de données réelles du devenir historique. Mais qu'est-ce que la règle en tan£ qu'elle est formulée par un jurisconsulte ? Elle est en réalité l'expression de sa vie psychique dans les catégories du droit, Le milieu ne joue d’autre rôle que de fournir les matériaux qu'il travaille en s'exprimant — dans l'espèce ce seront les catégories juridiques. Le milieu ne nous expliquera pas comment le choc créateur s'est fait. Dans ce sens, l'idée que nous tâächons de rendre d’une façon plus ou moins exaete est exprimée d’une façon adéquate par un verset de Saint Jean. « L’esprit souffle où il veut et personne ne sait d'où il vient où ü ya. » Cette observation théorique est importante dans ce sens qu'elle indique la limite d’une étude historique. Il n’est pas, groyons-nous, appelé à répondre à une question « pourquoi », que les adhérents de la philosophie de l'histoire, par exemple M. Trôltsch, veulent lui poser, mais l'étude historique est appelée à répondre « COMMENT ». Grâce à celle capacité de lindividualité à l’interpénétration l'historien pourra établir sinon pourquoi, du moins comment le choc créateur se produit-il,. Quelles peuvent être les forces déterminantes de l'anehiance où eut-il lieu. L'ambiance qui n'est autre chose que la « Weltansehauung » du jurisconsulte.
L'empreinte de cette conception générale de la vie est subis d’une facon indirecte et parfois directe par la théorie créée. La règle juridique étant la conséquence de cette théorie qi