Jésuite belge, 1G12-16G
TRAVAUX SCIËirriFIQUES. 171
d'une solution à lui, d'où querelle entre Descartes et Roberval, que ce dernier envenime aussitôt.'
Descartes trouve immédiatement après la tangente à la roulette au moyen d'une méthode géométrique élégante, devenue plus tard la base de la théorie des centres instantanés de rotation ; il fait proposer par Mersenne le problème à son adversaire et à Fermât : Roberval, après de nombreux efforts infructueux , le résout par sa méthode originale des « mouvements composés », si mal expliquée d'abord par lui qu'elle fut longtemps discutée ; en même temps Fermât en donne une solution par la méthode « de maximis et minimis » qui lui a valu d'être regardé par d'Alembert, Laplace et Lagrange comme le véritable inventeur du calcul différentiel : autre querelle, bientôt apaisée, entre Descartes et lui.
Enfin, en 1644, Roberval découvre la cubature des voliunes engendrés par la courbe entière tournant autour de son axe ou de sa base.
La même année, TorricelU, dans un appendice à ses « Opuscula geometrica », publie à son tour une solution du problème de la quadrature de la courbe; Roberval réclame ses droits de priorité, Torricelli répond et la querelle ne prend fin qu'en 1646; si les droits de priorité résident dans l'antériorité de la découverte, ceux de Roberval étaient incontestables puisque dès 1637, Mersenne, à la fin de son « Harmonie universelle », cite la découverte de Roberval ^
1. 11 est curieux de constater les variations de Pascal suivant les besoins de sa cause. Dans V a Histoire de la roulette », il prend violemment parti pour Roberval contre Torricelli (voir p. 172 dn présent ouvrage).
c) Premières interventions de Pascal dans les polémiques
suscitées par la roulette.
Certainement Pascal, avant d'entrer lui-même en scène , s'intéressa aux débats provoqués par la roulette. Il est difficile de croire, comme il l'affirme dans son « Histoire de la roulette * », qu'il ait ignoré jusqu'en 1658 le rôle important de Roberval, plus âgé que lui de vingt-un ans, mais ami de son père et le sien, avec qui il entretenait des relations suivies 2. L' « Histoire de la roulette », publiée en 1658, est visiblement inspirée par Roberval.
L'amitié de Pascal le porte d'abord à attribuer à la solution de Roberval pour la tangente à la roulette une supériorité exagérée sur ceUes de Fermât et de « feu M. Descartes ».
Il accuse ensuite formellement Torricelli de plagiat envers Roberval. Torricelli aurait trouvé la solution de celui-ci dans les papiers de Galilée auquel « feu M. de Beaugrand » l'aurait communiquée en 1638. Tout comme à Descartes, il était difficile à Beaugrand de protester ! Montucla et même Bossut, si enclin d'ordinaire à l'indulgence pour son héros, n'ont point admis Taccusation. Mais Montucla a parlé de la « fulminante et pédantesque » lettre de Roberval, Marie a affirmé que « Roberval passa bientôt d'une discussion modérée aux plus violentes
Dans la a Suite de l'histoire de la roulette, etc. » (p. 178), pour défendre Roberval contre le P. Lailouère, il soutient arec beauGoap de force que les droits de priorité résident dans l'antériorité de la publication.