Voir p. 114 du présent ouvrage
injures » et Bossut va jusqu'à dire que « Torricelli conçut un tel chagrin de cette accusation de plagiat qu'il en mourut à la fleur de son Age ». Bertrand a montré au contraire que la discussion entre Torricelli et Roberval n'a pas dépassé les bornes de la courtoisie. Leurs lettres ont été publiées. Elles « ne prouvent rien de contraire à la bonne foi de Torricelli. Roberval, écrivant à Torricelli, n'a pas l'impertinence de l'accuser de plagiat, et Torricelli répondant à des réclamations exprimées en termes courtois, accepte avec politesse les assertions de Roberval , sans avoir à défendre sa loyauté* ». « Il serait cruel, » a dit Condorcet, « d'être obligé de suspecter Pascal de mauvaise foi. » On y est cependant bien forcé en cette circonstance, surtout quand on remarque ses variations d'opinion sur Torricelli : En 1651 2, Torricelli est pour lui « un génie si illustre, et dont nous avions déjà reçu des productions en géométrie, qui surpassent toutes celles de l'antiquité ». En 1658 ^, il le met bien au-dessous de Roberval et le traite par l'ironie en rapportant ses tentatives malheureuses pour résoudre certains problèmes sur la roulette. Ici encore, les raisons de sa conduite doivent être recherchées dans son amitié pour Roberval et une secrète jalousie envers Torricelli que Ton a vue déjà être fort vraisemblable *.