p. 36t et 352. — 2. P
3. Bertrand (article dlé) ; Raoul Rosières {La découverte de la djcloïde, Revue générale des Sciences^ 30 juillet 1890).
180 PASGkL.
une vaste compilation, dénotant une faible originalité; il y annonce ^c'était son habitude) la publication à bref délai de la quadrature du cercle, et « que penser », comme disait Fontenelle, « d'un homme qui avait eu le malheur de faire une pareille découverte »?
De plus, on ne peut accuser Pascal d'avoir voulu se dérober à l'obligation de payer les prix promis : c'était l'époque où, près de la mort, il vivait dans la pauvreté et dépensait son bien en aumônes.
Mais que de contradictions, d'obscurités apparaissent dans ses récits, quand on tente de les approfondir!
Le 7 octobre, il sent le besoin d'exposer longuement pourquoi Lallouère doit être exclu du concours*; le 10, il le range parmi ceux qui ne prétendent pas aux prix 2; faut-il croire que le Jésuite s'est précisément désisté dans l'intervalle? Comment ces trois jours ontils suffi à Pascal pour étudier à fond les envois de Sluze, Huyghens, Wren et de Lallouère? (C'est le 10 qu'il en rend compte ^ alors que le 7 il était seulement sur le point de les examiner^.) En juin, il promet de publier ses propres solutions le 1" octobre, mais en ajoutant cette condition qui prête à bien des équivoques : « si personne n'a résolu nos problèmes^ ». Or le 1*"' octobre, le jury ne se réunit pas; Pascal en profite pour se contenter de communiquer ses solutions à Carcavi, Roberval et au notaire Galois^; il attend encore trois mois pour les rendre publiques en y joignant celles de ses nouveaux problèmes ! Dans l'intervalle , il lance le
1. Pa;;es 176 et suivantes. —2. P. 340. —3. P. 340, 341. — 4. P. 333.— 5. P. 325. — 6. P. 333, 342.
12 décembre contre le P. de Lallouère, mais sans le nommer, un violent réquisitoire ^ qui se réduit à ceci : « de Lallouère n'a répondu à aucune demande d'explications complémentaires sur ses solutions parce qu'il n'a rien trouvé et veut s'approprier les miennes ». Comme si le Jésuite ne pouvait pas dire à son tour avec autant de vraisemblance : « Si Pascal ne publie rien , c'est qu'il attend mon envoi pour donner mes solutions comme siennes! »
Tout cela cause un certain étonnement. Il redouble à la lecture de deux lettres de Pascal à Lallouère , d'authenticité indiscutable, publiées en 1659 et signalées par Bertrand. Dans la première, Pascal loue le père d'avoir trouvé une méthode plus générale, dit-il, que celle de Roberval, en lui faisant remarquer qu'il soupçonne seulement quelques erreurs dans les calculs. Dans la seconde, il convient qu'un examen plus approfondi lui a montré la rigoureuse exactitude de ceux-cL
Affirmer que Pascal a réellement joué un double jeu avec son adversaire, soupçonné de plagiat, pour l'amener à se découvrir et mieux le frapper ensuite, est une grave accusation qu'il est difficile de porter tant que de nouveaux documents ji'auront pas éclairé à fond la question, mais il faut bien avouer qu'il donne, jusqu'ici, prise à togas les soupçons.
D'ailleurs, comme il a habilement disposé des con-
1, Suite de l histoire de la roulette, où Von voit le procédé d'une personne qui avoit voulu s'attribuer l'invention des problèmes pro^ posés sur ce sujet ou historia trochoidis sive cycloidis continuatiOt in qua videre est cujusdam viri machinamenta qui se auctorem pro" blematum super hac re propositorum erat professas.
dhioDS de la lutte pour rester maître da champ de IxataiOe ! Il accorde à ses riraiix pour résoiidre des problèmes qa'flaeaetaencorele loisir de méditer à Taise, mi délai bien insuffisant, étant données les loiteors des eommnnications à Tépocpie ; de parti pris^ il passe outre aux protestations de Wallis. Les jnges sont ses amis sans aocnn donte : c'est loi qm prend les décisions^ ; en Fabsence de CarcaTi^ il a communication d'une partie an moins des mémoires envoyés^; il £ût surveiller Lallouère'; le procès-rerbal du 25 novembre est sûrement écrit de sa main. Il sent tous ses avantages et afin d'affirmer à tous sa supériorité, il retarde la publication de ses solutions pour en ajouter de nouvelles.
Le premier concurrent, le seul redoutable, Wallis, pressé par le temps, envoie heureusement des résultats incomplets et entachés d*er^urs.
Le second, Lallouère, est négligeable : Pascal le sait et se joue de lui. Il a en plus le malheur d'être Jésuite : Pascal Taccable sans pitié.
Le grave reproche bien établi qu'on peut adresser à Pascal nous semble donc celui d'avoir été trop habile dans une affaire où il était à la fois juge et partie.
Après le jugement du 2i novembre, Pascal reçut les solutions de quelques-uns des problèmes proposés en octobre. Wren et Fermât avaient trouvé le centre de gravité d'un arc quelconque de la roulette limité au
1. (f Leurs calculs sont donc justement réputés nuls. » P. 332.