‹ PascalChapitre 136 sur 181 · lettre à Vévéqne deLuçon · texte numérisé non relu

lettre à Vévéqne deLuçon

pourrait lui résister, mais qu'il ne le veut jamais; Pascal leur fait dire qu'il ne le veut pas toujours. « C'est ainsi que Dieu dispose de la volonté de l'honmie sans lui imposer de nécessité; et que le libre arbitre, qui peut toujours résister à la grâce, mais qui ne le veut pas toujours, se porte aussi librement qu'infailliblement à Dieu, lorsqu'il veut l'attirer par la douceur de ses inspirations efficaces ^ » Si bien que, comme Bossuet, il conclut qu'il faut admettre le libre arbitre et la grâce, sans prétendre à les concilier. « Il n'importe, dit Bossuet, que la liaison de deux vérités si fondamentales soit impénétrable à la raison humaine, qui doit entrer dans une raison plus haute et croire que Dieu voit dans sa sagesse infinie les moyens de concilier ce qui nous parait inalliable et incompatible 2. » « L'unique moyen, dit Pascal, d'accorder ces contrariétés apparentes qui attribuent nos bonnes actions^ tantôt à Dieu, tantôt à nous, est de reconnaître que, comme dit saint Augustin 3, <( nos actions sont nôtres, à cause du libre arbitre qui les « produit; et qu'elles sont aussi de Dieu, à cause de sa « grâce qui fait que notre libre arbitre les produit *. » Il accorde â ses adversaires que l'auteur de VAugusti" nus a pu tomber dans quelque exagération. « Peut-être interprètent-ils Jansénius trop favorablement ; mais peut-

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