‹ PascalChapitre 137 sur 181 · Provinciale, I, p · texte numérisé non relu

Provinciale, I, p

être ne Tinterprétez-vous pas assez favorablement *. » D'ailleurs, Une doute pas que la doctrine irréprochable de saint Augustin, sur laquelle il vient de s'appuyer, ne soit celle de ses maîtres; c'est pourquoi il se porte fort de leur orthodoxie. « N'est-il pas vrai que, si Ton vous demande en quoi consiste l'hérésie de ceux que vous appelez jansénistes, on répondra incontinent que c'est en ce que ces gens-là disent que les commandements de Dieu sont impossibles ; qu'on ne peut résister à la grâce et qu'on n'a pas la liberté de faire le bien ou le mal ; que Jésus-Christ n'est pas mort pour tous les hommes, mais seulement pour les prédestinés; et enfin, qu'ils soutiennent les cinq propositions condamnées par le pape?... Or ils déclarent que « ce sont des propositions « hérétiques et luthériennes, fabriquées et forgées à « plaisir, qui ne se trouvent ni dans Jansénius, ni dans € ses défenseurs 2. » « M. Arnauld n'a-t-il pas écrit, dans saseconde lettre, qu'il condamne les cinq propositions dans Jansénius, si elles y sont ^. »

Il en coûte de suspecter la sincérité de personnes d'une vertu éminente, tels qu'Amauld et les solitaires de Port-Royal. Bien qu'il soit difficile, après avoir lu les textes que nous avons tirés de VAugustinus, de leur donner un sens différent de celui des propositions condamnées, on voudrait se persuader que ces hommes si austères, si scrupuleux, ont cru de bonne foi qu'on avait altéré Jansénius en le citant, qu'ils se

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