r* Provinciale, I, p
sont abusés sur Tinterprétation de son livre * . En tout cas, pour Pascal, ce doute dont nous avons peine à nous défendre, n'existe nullement. « Je vous déclare que, pour moi, je les tiendrai toujours pour catholiques, soit qu'ils condamnent Jansénius, s'ils y trouvent des erreurs, soit qu'ils ne le condanmôut point quand ils n'y trouvent que ce que vous-mêmes déclarez être catholique 2. »
Ce dilemme nous ramène à la question de fait, dont Pascal va de nouveau tirer parti, en déclarant que le désaveu des propositions condamnées supprime la question de doctrine, et que, si l'autorité de l'Église est incontestable sur la doctrine, elle ne saurait l'être sur le point de fait. « Je sais, mon père, le respect que leschrétiens doivent au Saint-Siège, et vos ^adversaires témoignent assez d'être très-résolus à ne s'en départir jamais. Mais ne vous imaginez pas que ce fût en manquer que de représenter au pape, avec toute la soumission que des enfants doivent à leur père, et les membres à leur chef, qu'on peut l'avoir surpris en ce point de fait 3. »
Dès lors, ni les jansénistes, ni l'auteur des Provinciales ne peuvent être accusés d'hérésie. « Il n'y a point
1. Arnauld se croyait orthodoxe, puisque le 20 juillet 1693 il écrivait à Bossuet pour soumettre à son approbation certaines propositions sur la grâce, qu'il attribuait à saint Thomas et qui sentaient le janséniste : « Je crus que c'était à sa Somme qu'il fallait uniquement s'arrêter. J'en ramassai tous les passages, où il me parut évidemment : premièrement, que Tamour béatiGque n'était point libre, selon ce saint; deuxièmement, que le désir d'être heureux ne 1 était point non plus... Tout cela pour conclure que l'on ne résiste pas à la grâce qui fait naître en nous ce désir. »