JLettre du 23 mai
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à une conciliation entre les deux ordres. Et voyant l'impossibilité de les accorder, le pape prononça, le 28 août 1607, la dissolution de ce parlement théologique, en déclarant que, du moment que les deux partis admettaient le concours de la grâce et du libre arbitre et différaient seulement dans la riianière de l'expliquer, chacun d'eux restait libre de garder son opinion sous la condition de respecter celle des autres.
Ce n'est donc point, comme Tinsinue Pascal, la société de Jésus qui, par politique, « consent que les dominicains gardent leur opinion pourvu que la sienne soit libre » ; c'est le souverain Pontife assisté du Sacré Collège. Et quand les jansénistes s'élèvent contre cette tolérance du Saint-Siège, prêtant aux jésuites la doctrine de Pelage qui nie la grâce, Bossuet leur répond : <( C'est faire injure à TÉglise romaine de la faire approbatrice de cette doctrine, et d'étendre jusque-là la défense de se condamner les uns les autres*. »
Aussi les dominicains reconnaissent-ils formellement l'orthodoxie de ceux mêmes des jésuites qui accordent le plus au libre arbitre, à savoir des partisans de Molina. « L'opinion moliniste, dit le père Monsabré , peut avoir ses inconvénients, mais ses partisans se sont tou-
1. Lettre du 23 mai 1701. — Bossuet est plus explicite encore : « Pour ce qui regarde les molinistes, s'il avait seulement ouvert leurs livres, il aurait appris qu'ils reconnaissent pour tous les élus une préférence gratuite de la divine miséricorde, une grâce toujours prévenante, toujours nécessaire pour toutes les œuvres de piété. Si c'est là être pélagien,... saint Augustin est aussi du nombre des pélagiens, puisqu'il répète si souvent (De l'esprit et de la lettre, c\i.T.xii\u) que la grâce vient de Dieu, mais qu'il appartient à la volonté d'y consentir ou de n'y consentir pas. » (2* Avertissement sur les Lettres de Jurieu,)
jours fait un devoir de ne pas sortir des lignes d'une sévère orthodoxie*. » Et il répudie énergiquement toute parenté avec les jansénistes : « Il y a de la doctrine janséniste à la doctrine thomiste la distance de la nuit au jour... Jansénius prétend que la volonté, sous Tempire de la grâce efficace , n'a plus aucun pouvoir vrai et propre de faire autre diose que ce qu elle fait; les thomistes affirment le contraire. Il suit de la doctrine de Jansénius que Dieu prive du nécessaire ceux à qui il refuse l'impulsion \ictorieuse de sa grâce; les thomistes , avec leur maître le docteur angélique , enseignent que, dans l'œuvre du salut, la divine Providence ne laisse personne manquer du nécessaire. »
1. Conférence sur la grâce, prêchée à Notre-Dame, par le P. Monsabré.