‹ PascalChapitre 165 sur 181 · Ibid,, XXIV · texte numérisé non relu

Ibid,, XXIV

5. Apologie de Raymond de Sebonde^ II, 12 ; S. Paul, r« aux Corinth., I, 20. — 6. Pensées, XV, 19.

qu'esprit ; la coutume fait nos preuves les plus fortes et les plus crues... Il faut avoir recours à elle quand une fois Fesprit a vu où est la vérité, afin de nous abreuver et nous teindre de cette créance, qui nous échappe à toute heure; car d'en avoir toujours les preuves présentes, c'est trop d'affaire. Il faut faire croire nos deux pièces : Tesprit, par les raisons, qu'il suffît d'avoir vues une fois dans sa vie ; et l'automate, par la coutume, en ne lui permettant pas de l'incliner au contraire*. » Ployez la machine. «Et cela diminuera vos passions, qui sont vos grands obstacles^. » Les mêmes passions qu'on s'était accoutumé à satisfaire, la nature s'accoutume à les combattre ^.

En un mot balayez le temple de Dieu ; et Dieu y fera descendre la lumière qui sanctifie. Faites tout comme si vous croyiez. Agissez et vous verrez : le ciel est à qui le cherche.

Quant à ceux que révolte l'idée de se mettre à genoux, de prier et d'aller à la messe ; qui s'autorisent même de leur manque de foi pour ne point faire le sacrifice de leurs plaisirs; qui, au lieu de pratiquer pour croire, attendent de croire pour pratiquer, Pascal les force à reconnaître que leur suprême intérêt les oblige impérieusement à servir Dieu ; qu'ils ne sont pas libres, comme ils le prétendent, de rester dans l'expectative ; qu'ils sont engagés dans la vie ; qu'il faut de toute nécessité vivre en Dieu ou sans Dieu, dans la religion ou

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