Pensées, X, 8. — 2. Ibid., X, 1. — 3. Ibid,, X
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hors de la religion ; que du moment qu'on est tenu de choisir, le choix ne saurait être douteux, puisqu'on a tout à gagner dans le premier cas, et dans le second tout & perdre; que celui qui se donne à Dieu, voit dans Tavenir une éternité de bonheur et qu'il est même plus heureux en ce monde, tandis que l'autre, sans être plus heureux ici-bas, risque une éternité de malheur ^
Voilà, suivant Pascal, ce qui doit forcer l'incrédule dans ses derniers retranchements. Gomment ne hasarderait-on pas, pour un intérêt devant lequel s'effacent tous les autres, ce qu'on est obligé de hasarder au cours de vie, toutes les fois qu'il s'agit de prendre un parti dans un cas douteux? « Combien de choses fait-on pour l'incertain, les voyages sur mer, les batailles... ? » « Car on doit travailler pour l'incertain par la règle des partis qui est démontrée^. »
Que vaut un pareil argument, au point de vue apologétique? est-il légitime de jouer la religion à croix ou pUe?
Un fait remarquable, c'est que le pari de Pascal n'a
de nouveau que la forme mathématique qu'il lui a
donnée ; il appartient, par le fond, à un grand nombre d'auteurs chrétiens^.
Arnobe écrivait au i\^ siècle : « Le parti le plus raisonnable, entre deux opinions douteuses et dans l'attente d'un événement incertain, n'est-il pas d'adopter
1. Ibid., X, 1. — Sur le a pari de Pascal » envisagé au point de me mathématique, voir p. 160 et suiv.