Pensées, XXIV
3. Platon se sert déjà de cet argument, au sujet de la vie fa tore : a Si l'Âme est immortelle, il faut avoir soin d'elle, non seulement pour ce
celle qui donne des espérances plutôt que celle qui n'en donne pas? D'un côté, en eflfet, on ne risque rien, si ce qu'on nous montrait comme prochain nous échappe et ne se réalise pas. De Fautre, le dommage est très grand ; car c'est la perte du salut si, quand le temps sera venu, il se trouve qu'on ne nous avait pas abusés^. »
La logique de Port-Royal donne cet argument comme une des règles de la méthode : « Il n'y a que les choses infinies, comme l'éternité et le salut, qui ne peuvent être égalées par aucun avantage temporel, et ainsi on ne doit jamais les mettre en balance avec aucune des choses du monde. C'est pourquoi le moindre degré de facilité pour se sauver vaut mieux que tous les biens du monde joints ensemble, et le moindre péril de se perdre est plus considérable que tous les maux temporels*. »
« En croyant ce que je crois, dit Bourdaloue, tout ce qui peut m'arriver de plus f&cheux, c'est de me priver inutilement et sans fruit de certains plaisirs défendus par la loi que je professe et défendus même par la raison... Hais vous, si ce que vous ne croyez pas ne laisse pas d'être vrai, vous vous mettez dans le danger d'une damnation éternelle. Telle est la différence de nos conditions : moi qui hasarde peu, si toutefois je hasarde quelque chose, je vis sans inquiétude ; mais vous
temps que Doas appelons la vie, mais encore pour celui qui sait; car il y aurait un danger terrible à ne pas en aToir soin maintenant., et puisqu'elle paraît être immortelle, elle n'a d'autre reftige et d'autre salut que la sagesse et la yertu. » [Phédon, p. 107, c.)