Logique^ IV* p., ch. xvi
qui hasardez tout, puisque vous hasardez une éternité, vous devez être dans de perpétuelles alarmes ^. » Massillon tient le même langage à ceux qui dijffèrent toujours leur conversion : « Vous dites tous les jours vous-mêmes qu'on ne risque rien en se donnant à Dieu ; qu'au fond, quand il ne serait pas si certain qu'il y aurait quelque chose après cette vie, Taltemative est trop aflfreusepour ne pas prendre des mesures ; et que, dans une incertitude même effective des vérités de la foi, le parti de l'homme de bien serait toujours le plus sûr et le plus sage*. »
Le moraliste La Bruyère raisonne de même : « La religion est vraie ou fausse : si elle n'est qu'une vaine fiction, voilà, si l'on veut, soixante années perdues pour le chartreux et le solitaire ; ils ne courent pas un autre risque : mais, si elle est fondée sur la vérité même , c'est alors un épouvantable malheur pour l'homme vicieux *. »
Enfin, le philosophe Leibniz trouve très simple et très juste le raisonnement de Pascal. «M. Amauld, dans son Art de penser^ et M. Pascal, dans ses Pensées, soutiennent que le plus sûr est de vivre conformément aux lois de la piété et de la vertu, parce qu'il n'y aura point de danger de le faire et qu'il y en aura beaucoup de ne le pas faire. Ce raisonnement est bon. Il ne donne pas proprement une croyance, mais il oblige d'agir suivant les préceptes de la croyance. Car on n'a pas la croyance quand on veut, mais on agit comme on veut; ce n'est