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preuves historiques de la religion,* le pari lui-même d'une allure si dramatique et si pressante, sont autant d'efforts pour emporter d'assaut la conversion de la grande rebelle.
Pascal ne s'en tient pas d'ailleurs, sur ce point capital, à la simple argumentation ; il sollicite doucement Tincrédule par la perspective du charme croissant qui s'attache à la pratique du bien.
Cette conversion est d'abord pénible ; elle se heurte à l'effort contraire de la concupiscence et produit en nous une lutte douloureuse. Hais cette douleur même est la preuve de l'action divine : si l'âme souffre, c'est parce que la grâce commence à l'attirer : « Il y a de la peine en entrant dans la piété. Mais cette peine ne vient pas de la piété qui commence d'être en nous, mais de l'impiété qui y est encore. Si nos sens ne s'opposaient pas à la pénitence, et que notre corruption ne s'opposât pas à la pureté de Dieu, il n*y aurait en cela rien de pénible pour nous. Nous ne souffrons qu'à proportion que le vice, qui nous est naturel, résiste à la grâce surnaturelle. Notre cœur se sent déchiré entre des efforts contraires. Mais il serait bien injuste d'imputer cette violence à Dieu qui nous attire, au lieu de l'attribuer au monde qui nous retient. C'est comme un enfant, que sa mère arrache d'entre les bras des voleurs, doit aimer, dans la peine qu'il souffre, la violence amoureuse et légitime de celle qui procure sa liberté, et ne détester que la violence impérieuse et tyrannique de ceux qui le retiennent injustement *. »