Pensées, IX
2. Ibid,y XXIV, 1 1. Dans la 17« Provinciale, Pascal écrit, à propos de ceux riui étant tués en état de péché mortel encourent la dannnation : « quand i'ai dit... qu'en tuant ses frères en état de péché mortel on damne ceux pour qui Jésus-Christ est mort, n'ai-je pas visiblement reconnu que Jésus- Christ est mort pour ces damnés? >
d'y mettre les bornes que sa fantaisie lui suggère... Je voudrais lui demander si Dieu demande autre chose de lui, sinon qu'il Taime en le connaissant; et pourquoi il croit que Dieu ne peut se rendre connaissable et aimable à lui, puisqu'il est naturellement capable d'amour et de connaissance^. » Et Leibniz trouve l'apologie trop fidèle à la doctrine romaine : « Vous savez que H. Pascal... s'était à la fin adonné à établir la vérité de la religion... Il avait l'esprit plein des préjugés de Rome^. » Cette conformité de l'apologie à la doctrine de l'Église n'a pas échappé non plus à la sagacité de Voltaire : « Lecteurs sages, remarquez que ce coryphée des jansénistes n'a dit, dans tout son livre sur la religion chrétienne, que ce qu'ont dit les jésuites ^. »
Ce que Pascal a gardé du commerce des jansénistes, c'est le tour pessimiste de sa pensée, c*est sa disposition à considérer de préférence les côtés misérables de la nature humaine, sa tendance à les exagérer et à les peindre sous les plus sombres couleurs. A notre infirmité il oppose la grandeur qu'il en juge inséparable, mais c'est surtout l'infirmité qu'il met à nu avec une impitoyable clairvoyance. Alors il ne voit plus dans l'homme qu'un cloaque d'incertitude, un raccourci d'atome, logé dans ce petit cachot qui est l'univers. L'accouplement de l'instinct bestial avec ce qu'il est resté de divin dans l'homme lui semble monstrueux. L'étrange aveuglement de ceux qui ne sentent