Id., ibid,, Marguerite Perier, Mém., p
2. Port-Royal, situé dans un Talion près de Chevreuse, était ane abbaye de femmes, réformée par la mère Angélique, sœur du grand Arnauld, qui aTait fait accepter des religieuses la clôture absolue et, pour donner Texemple, ayait dit un suprême adieu à son père et à sa mère, se faisant une telle riolence qu'elle s*était éranouie après la séparation. Plus tard, la communauté s'étant établie à Paris, Saint-Cyran avait attiré à Port- Royal des Champs quelques chrétiens fer?ents, amis du recueillement et de la soUtude, Arnauld, son frère d'Andilly, Le Maître de Sacy, Nicole, Lancelot, etc. Cartésiens pour la plupart, et donnant dans leurs Petites Écoles un enteignement raisonné, ils araient pourtant adopté la doctrine de Jansénius qui proscriTait la science comme une vanité.
conçue, depuis que Dieu Favait touchée , et considérant que c'était lui qui conduisait la maison de Port-Royal, elle crut... qu'on pouvait être dans ce monastère raisonnablement. Elle communiqua cette pensée à mon frère, qui, bien loin de l'en détourner, l'y confirma, car il était dans les mêmes sentiments^. »
Pascal, devenu disciple de Port-Royal, allait-il renoncer à la science? C'est alors, s'il faut en croire M"' Périer, « qu'il comprit parfaitement que la vie chrétienne nous oblige à ne vivre que pour Dieu et à n'avoir d'autre objet que lui ; et cette vérité lui parut si évidente et si utile qu'elle termina toutes ses recherches ^ » . M°* Périer s'abusait. Tout en partageant les exercices religieux de sa sœur Jacqueline, et en suivant M. Singlin avec elle, Pascal, qui venait souvent à Paris, poursuivait ses recherches sur le vide. En septembre, nous le voyons s'entretenir de ce sujet avec Descartes. Jacqueline raconte cette entrevue à sa sœur :
« J'ai différé à t'écrire, parce que je voulais te mander tout au long l'entrevue de M. Descartes et de mon frère, et je n'eus pas le loisir hier de te dire que dimanche au soir, M. Habert vint ici accompagné de M. de Montigny de Bretagne, qui venait me dire (au défaut de mon frère, qui était à l'église) que M. Descartes, son compatriote et intime ami , lui avait fort témoigné avoir envie de voir mon frère, à cause de la grande estime qu'il avait toujours ouï faire de M. mon père et de lui, et que pour cet efifet il l'avait prié de venir voir s'il n'in-