‹ PascalChapitre 35 sur 181 · Éd. Lahare, II, p · texte numérisé non relu

Éd. Lahare, II, p

2. a On a de très belles et très chrétiennes Pensées de Pascal, entre autres d'one lettre écrite sur la mort de son père (17 oct. 1651). Gela est un peu embarrassant et parait peu cadrer arec l'ensemble de ses sentiments à cette époque. » (Sainte-BeuTe, Port'Royal, liv. III, cb. r, note de la page 483.)

3. Port-Royal, ibid. : « Il put bien aToir enefifet, sous le coup du deuil, un retour passager à la foi causé par la mort de son père. »

à Pascal la propriété du capital et convertissaient la part de Jacqueline en rente viagère. Mais il avait été stipulé que pendant plusieurs aimées les lots resteraient indivis, répondant solidairement de ce qui ne répondait pas à l'évaluation faite pour le partage.

Demeuré seul par la mort de son père, Pascal ne pouvait plus se faire à Tidée de se séparer de sa sœur Jacqueline. Il espérait qu'elle ferait pour lui ce qu'eUe avait fait pour son père, qu'elle consentirait à di£Pérer son entrée en religion. Elle crut devoir obéir à l'appel de Dieu. « Mon frère, qui était sensiblement affligé et qui recevait beaucoup de consolation de ma sœur, s'imagina que sa charité la porterait à demeurer avec lui au moins un an pour lui aider à se résoudre en ce malheur. Il lui parla, mais d'une manière qui faisait tellement voir qu'il s'en tenait assuré qu'eUe n'osa le contredire de peur de redoubler sa douleur, de sorte que cela l'obligea de dissimuler jusqu'à notre arrivée. Alors elle me dit que son intention était d'entrer en religion aussitôt que nos partages seraient faits ; mais qu'elle épargnerait son frère en lui faisant accroire qu'elle y allait seulement faire une retraite. Elle disposa toutes choses pour cela en ma présence. Nos partages furent signés le dernier jour de décembre, et elle prit jour pour entrer le 4 janvier (1652).

« La veille de ce jour-là, elle me pria d'en dire quelque chose à mon frère le soir, afin qu'il ne fût pas si surpris. Je le fis avec le plus de précaution que je pus; mais quoique je lui disse que ce n'était qu'une retraite pour connaître im peu cette sorte de vie , il ne laissa pas d'en

être fort touché. Il se retira donc fort triste dans sa chambre, sans voir ma sœur qui était alors dans un petit cabinet où elle avait accoutumé de faire sa prière. Elle n'en sortit qu'après que son frère fut hors de sa chambre , parce qu'elle craignait que sa vue ne lui donnât au cœur. Je lui dis de sa part les paroles de tendresse qu'il m'avait dites, après quoi nous nous allâmes tous coucher. Mais quoique je consentisse de tout mon cœur à ce qu'elle faisait, à cause que je croyais que c'était le plus grand bien qui lui pût arriver, néanmoins la grandeur de cette résolution m'étonnait de telle sorte et m'occupait si fort l'esprit, que je n'en dormis point de toute la nuit. Sur les sept heures, comme je voyais que ma sœur ne se levait point, je crus qu'elle n'avait pas dormi non plus, et j'eus peur qu'elle ne fût incommodée, de sorte que j'allai à son lit où je la trouvai fort endormie. Le bruit que je fis l'ayant réveillée, elle me demanda quelle heure il était; je le lui dis, et, lui ayant demandé comment elle se portait et si elle avait bien dormi, elle me dit qu'elle se portait bien et qu'elle avait fort bien dormi. Ainsi, elle se leva, s'habilla et s'en alla, faisant cette action comme toutes les autres dans une tranquillité et une égalité d'esprit inconcevables. Nous ne nous dîmes point adieu, de crainte de nous attendrir; et je me détournai de son passage, lors* que je la vis prête à sortir. Voilà de quelle manière elle quitta le monde. Ce fut le 4 janvier de l'année 1652, étant alors âgée de vingt-six ans et trois mois^ »

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