‹ PascalChapitre 5 sur 181 · VIII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

VIII INTRODUCTION

avec une émotion poignante, comme si lui-même en avait souffert, le malheur d'être éloigné de Dieu et Textravagance de ceux qui, au lieu de le chercher, s'endorment dans la corruption.

a II me paraît, dit Voltaire, qu'en général, l'esprit dans lequel M. Pascal écrivit ses Pensées était de montrer l'homme dans un jour odieux; il s'acharne à nous peindre tous méchants et malheureux ; il écrit contre la nature humaine à peu près comme il écrivait contre les jésuites. Il impute à l'essence de notre nature ce qui n'appartient qu'à certains hommes : il dit éloquemment des injures au genre humain. J'ose prendre le parti de l'humanité contre ce misanthrope sublime*. »

« Pascal, dit M. Cousin, respire le scepticisme; il en est plein; il en proclame le principe, il en accepte toutes les conséquences, et il le pousse d'abord à son dernier terme, (]ui est le mépris avoué et presque la haine de la philosophie. Oui, Pascal est un ennemi déclaré de la philosophie ^. »

M. Cousin va plus loin : ce C'est parce qu'il est sceptique en philosophie qu'il s'attache d'autant plus étroitement à la religion, comme au seul asile, comme à la dernière ressource de l'humanité dans l'impuissance de la raison, dans la ruine de toute vérité naturelle parmi les hommes^, d

1. Premières remarques sur les Pensées de Paseal, ùd. Beuchot, t. XXXllI, p. 37.

*2. Des Pensées de Pascal, douv. rd., préface, Ladrangc, 1847. 3. Ibid.y Avant-propos et rapport, 2' partie.

Page 1