‹ PascalChapitre 54 sur 181 · Voir p · texte numérisé non relu

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6i PASCAL.

M. de Roberval; et celui-ci lui en abandonne Thonneur : « Aussitôt qu'il sut que je Favais résolu, il déclara qu'il n'y prétendait plus par cette raison que n'en ayant jamais produit la solution, il devait la quitter à celui qui l'avait produite le premier'. » Mais ce ne sont là, pour ainsi dire, que les récréations de ce grand esprit. Il ne songe plus guère qu'à l'ouvrage qu'il a entrepris pour la gloire de Dieu et le salut des incrédules, depuis que, sous l'influence de MM. de Port-Royal et de sa sœur, il condamne tout ce qui n'est pas uniquement consacré au service de Dieu, et considère comme coupables tous les attachements du monde, même les plus légitimes.

Aussi vers la fin de l'année 1659, sa sœur. M"' Périer, l'ayant consulté sur un projet de mariage très avantageux pour sa fille âgée de quinze ans, il lui déclare, de l'avis de MM. Singlin, de Saci et Le Rebours, qu'elle ne peut, sans blesser mortellement la charité et sa conscience, « engager une enfant de son âge, de son innocence et même de sa piété à la plus périlleuse et à la plus basse des conditions du christianisme;... que les maris, quoique riches et sages suivant le monde, sont en vérité de francs païens devant Dieu ». MM. de Port-Royal oubliaient trop que, si la virginité est en honneur dans l'Église, le mariage est un des sacrements institués par Jésus-Christ.

Au milieu de l'année suivante, il écrit de Poitiers au savant Fermât, qui offrait de faire la moitié du chemin

1. Lettre de Dettonville à 5/use, chanoine de la cathédrale de Liège, non datée, éd. Lahure, III, p. 445.

pour venir de Toulouse converser avec lui, que sa santé ne lui permet plus aucun déplacement , que d'ailleurs il a renoncé aux sciences profanes, et qu'il voit « peu de différence entre un homme qui n'est que géomètre et un habile artisan ». La géométrie est, à ses yeux, « le plus beau métier du monde, mais enfin ce n'est qu'un métier ». « Elle n'est bonne que pour faire l'essai, mais non l'emploi de notre force » ; et il assure qu'il ne ferait pas deux pas pour cette science.

Faisant ensuite allusion à son traité de la cycloïde et à sa grande apologie de la religion, il ajoute : « Mais il y a maintenant ceci de plus en moi, que je suis dans des études si éloignées de cet esprit-là, qu'à peine me souviens-je qu'il y en ait. Je m'y étais mis, il y a un an ou deux, par une raison tout à fait singulière, à laquelle ayant satisfait, je suis au hasard de ne plus jamais y penser, outre que ma santé n'est pas encore assez forte; car je suis si faible que je ne puis marcher sans bâton, ni me tenir à cheval. Je ne puis même faire que trois ou quatre lieues au plus en carrosse ; c'est ainsi que je suis venu de Paris ici en 22 jours *. »

Au retour de ce voyage, dans un des intervalles que lui laissait la maladie, Pascal exposa à Port-Royal le plan de son apologie de la religion chrétienne. On lit en effet dans la préface de Tédition des Pensées de Pascal publiées en 1669 :

« Il se rencontra... une occasion, il y a environ dix ou douze ans, en laquelle on l'obligea, non pas

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