‹ PascalChapitre 58 sur 181 · Faugère, ouvr. cïi. y Marguerite Périer, Af cm · texte numérisé non relu

Faugère, ouvr. cïi. y Marguerite Périer, Af cm

jamais eu besoin de le faire, n'ayant eu toute sa vie que des sentiments très purs et très catholiques ; et la déclaration sur laquelle on a fondé cette calomnie ne dit pas un mot de rétractation. J'en ai une copie authentique qui m'a été envoyée par feu M. l'archevêque de Paris, et celui qui a donné cette déclaration a eu bien du déplaisir de l'abus qu'on en a fait. Il a reconnu lui-même qu'il s'était trompé, ayant pris les paroles de mon frère dans un sens contraire à celui qu'elles avaient.

« Ce sont les propres termes qu'il emploie dans les lettres qu'il m'a fait l'honneur de m'écrire sur ce sujet*. »

À la fin de l'année 1661, une curieuse préoccupation vint le distraire des cruelles souffrances qui allaient quelques mois après mettre fin à sa vie. On a vu que ce grand esprit était inventeur en pratique, comme en théorie; qu'à l'Age de dix-neuf ans, il avait imaginé et fait construire une machine arithmétique pour faciliter les calculs; que de la transmission des pressions des liquides il avait tiré le principe de la presse hydraulique, qu'il avait probablement inventé le baquet, sorte de charrette longue et sans ridelles sur laquelle on transporte les pièces de vin et qu'on peut faire basculer pour faciliter le chargement et le déchargement '.

1. ld,,ibid.^ Lettre à M, Audigxer, 1682, p. 113. — Voir aussi Lettre à M. Beurrier, 1666, p. 87.

2. Je ne parie pas de l'invention de la broueUe qu'on lui attribue sans doute à tort et qui lui est de beaucoup antérieure. On peut Yoir au musée d'Anyers, sous le n» 410, dans un dessin de Jean Van Eyck (1390-1440), parmi des ouvriers travaillant à la construction d'une tour, un homme qui pousse une brouette.

Pascal conçut alors Tidée de carrosses à cinq sols pour le transport en commun, qui devaient plus tard devenir les omnibus.

De grands seigneurs s'intéressèrent à Taffaire; des fermiers en firent les fonds; on obtint l'agrément du Roi, qui donna en janvier des lettres patentes pour Tentreprise.

j^me périer écrit, le 21 mars de la même année : « La chose a réussi si heureusement, que dès la première matinée il y eut quantité de carrosses pleins, et il y alla même plusieurs femmes ; mais Faprès-dlnée, ce fut une si grande foule qu'on ne pouvait en approcher, et les autres jours ont été pareils ; de sorte qu'on voit par expérience que le plus grand inconvénient qui s'y trouve , c'est celui que vous avez appréhendé ; car on voit le monde dans les rues qui attend un carrosse pour se mettre dedans, mais quand il arrive, il se trouve plein : cela est fâcheux, mais on se console, car on sait qu'il en viendra un autre dans un demi-quart d'heure... C'est un applaudissement si universel que Ton peut dire que rien n'a jamais si bien commencé... Hier, au matin, M. de Roannez, M. de Crenan et M. le grand Prévôt étant tous trois au Louvre, le Roi s'entretint de cette nouvelle avec beaucoup d'agrément, et en s'adressant à ces Messieurs il leur dit : Et notre route, (une ligne partant du Louvre), ne l'établirez- vous pas bientôt 1? »

Pascal consacre immédiatement à des œuvres de charité les bénéfices qui devaient lui revenir sur cette

Page 1