Ibid
dit-il, consiste dans ma pensée ^ » C'est là aussi qu'il met, comme Descartes, toute notre excellence naturelle. « L'homme est visiblement fait pour penser; c'est toute sa dignité et tout son mérite ; et tout son devoir est de penser comme il faut ^. »
Il reproduit la preuve cartésienne de l'existence de Dieu, fondée sur les vérités éternelles, que l'homme découvre en son esprit. « Je sens que je puis n'avoir point été : car le moi consiste dans ma pensée ; donc moi qui pense n'aurais point été , si ma mère eût été tuée avant que j'eusse été animé. Donc je ne suis pas un être nécessaire. Je ne suis pas aussi étemel, ni inQni ; mais je vois bien qu'il y a dans la nature un être nécessaire, étemel, infini^. »
Il loue la philosophie de Descartes, et sa démonstration de la spiritualité de l'âme tirée du Cogito ergo sum, qu'on trouve déjà dans saint Augustin, mais dont il a tiré, selon Pascal, des conséquences admirables. « Je voudrais demander à des personnes équitables si ce principe : la matière est dans une incapacité invincible de penser*, et celui-ci : Je pense, donc je suis, sont en effet les mêmes dans l'esprit de Descartes et dans celui de saint Augustin, qui a dit la même chose douze cents ans auparavant. En vérité je suis bien éloigné de dire