‹ PascalChapitre 70 sur 181 · ma., XXV · texte numérisé non relu

ma., XXV

convaincantes, des marques divines en moi, qui vous convainquent de ce que je suis, et m'attirent autorité par des merveilles et des preuves que vous ne puissiez refuser; et qu'ensuite vous croyiez sciemment les choses que je vous enseigne*. »

Pascal admet donc expressément la raison comme auxiliaire de la foi. Bien plus, loin d'ébranler l'autorité des premiers principes, c'est sur ce procédé spontané de la raison qu'il appelle la connaissance du cœur et de l'instinct, que Pascal s'appuie pour dériver d'une source conmiune la vérité scientifique et la vérité religieuse, pour établir que ceux qui ont l'intuition de cette dernière ont droit de l'affirmer par cela seul avec une certitude égale à celle qui nous vient des axiomes. Selon Pascal, l'acte de foi du croyant est légitime au même titre que l'acte de foi du savant. « C'est sur ces connaissances du cœur et de l'instinct qu'il faut que la raison s'appuie »... et « ceux à qui Dieu a donné la religion par sentiment du cœur sont bien heureux et bien légitimement persuadés ^ ». Si les dogmes religieux ne sont pas avoués de tous comme les axiomes, il n'en reste pas moins vrai que le critérium est le même pour les uns comme pour les autres, l'évidence intuitive; et que ce prétendu sceptique affirme constamment la certitude des vérités premières, qui sont le fond de la raison humaine. « Il n'y a point de connaissance naturelle dans l'homme qui précède celles-là, et qui les surpasse

en clarté 3. »

1. Md., XII, 5.— 2. Ibid,, VIII, 6. — 3. Espr. géom., III, p. 170.

Il est donc absurde de ne pas agir conformément à la raison. « L'homme n'agit point par la raison, qui fait son être*. »

« La raison nous commande bien plus impérieusement qu'un maître : car en désobéissant à l'un on est malheureux, et en désobéissant à l'autre on est un sot^. »

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