‹ PascalChapitre 73 sur 181 · Esprit géom.,l\l, p · texte numérisé non relu

Esprit géom.,l\l, p

2. ff J'ai appris de M. des Billettcs, ami de Pascal, excellent dans les

dresser Pascal, au nom du bon sens vulgaire , sur la divisibilité à l'infini du nombre, du mouvement et de l'étendue, est d'une rare impertinence. « Il vous reste encore une habitude que vous avez prise en cette science, à ne juger de quoi que ce soit que par vos démonstrations, qui le plus souvent sont fausses... Vous demeurerez toujours dans les erreurs ou les fausses démonstrations où la géométrie vous ont jeté; et je ne vous croirai pas tout à fait guéri des mathématiques , tant que vous soutiendrez que ces petits corps, dont nous disputions l'autre jour, se peuvent diviser jusques à l'infini. Ce que vous m'en écrivez me parait encore plus éloigné du bon sens que tout ce que vous m'en dites dans notre dispute. Et que pré tendez- vous conclure de cette ligne que vous coupez en deux également, de cette ligne chimérique dont vous coupez encore une des moitiés et toujours de même jusqu'à l'éternité?... Pouvezvous comprendre dans un si petit espace la différence des grandeurs, celle des mouvements et des distances?... Il faut se souvenir que le bon sens ne trompe guère et que, à la réserve des choses surnaturelles, tout ce qui le choque est faux*. »

Leibniz renvoie dédaigneusement l'auteur de cette lettre à l'école. Il estime que le chevalier de Mérc, prenant les scrupules religieux de Pascal sur la vanité des

mécaniques, ce que c'est que cette découTerte dont ce chevalier se vante ici dans sa lettre : c'est qu'étant grand joueur, il donna les premières ouvertures sur l'estime des partis , ce qui fit naître les belles pensées de MM. Fermât, Pascal et Huyghens. » [Leibnitii opéra omniaf t. II, p. 92.) 1. Méré, lett. 19 à M, Pascal,

sciences pour des doutes sur les données scientifiques , a cru pouvoir lui faire la leçon. « J'ai presque ri des avis que M. le chevalier de Méré s*est donnés dans sa lettre à M. Pascal... Mais je vois que le chevalier savait que ce grand génie avait des inégalités, qui le rendaient quelquefois trop susceptible aux impressions des spiritualistes outrés, et qui le dégoûtaient même par intervalles des connaissances solides. M. de Méré en profitait, pour parler de haut en bas à M. Pascal. Il semble qu'il se moque un peu, comme font les gens du monde, qui ont beaucoup d'esprit et un savoir médiocre. Ils voudraient nous persuader que ce qu'ils n'entendent pas assez est peu de chose. Il aurait fallu l'envoyer à l'école, ' chez M. Roberval*. »

Bossuet, au contraire, chargé de l'éducation du Dauphin, un an après la première publication des Pensées de Pascal, lui emprunte visiblement, et presque dans les mêmes termes, ces considérations sur les deux infinis mathématiques, dans le Traité du libre arbitre, composé pour le jeune prince. « Il est clair que tout corps est fini ; nous en voyons et nous en touchons les bornes certaines. Cependant nous n'en trouvons plus, et il faut que nous allions jusqu'à l'infini, quand nous voulons en désigner toutes les parties. Car nous ne trouverons jamais aucun corps qui ne soit étendu , et nous ne trouverons rien d'étendu, où nous ne puissions entendre deux parties : et ces deux parties seront encore étendues, et jamais nous ne finirons, quand nous voudrons les subdiviser

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