II. — SOLUTION DES ANTINOMIES
Une première solution, très simple, est celle qui consiste à reconnaître des bornes au pouvoir de la raison, à proclamer son autorité dans le domaine des sciences humaines et son impuissance en dehors de ces limites. Les arguments favorables à la raison humaine porteraient sur la raison décidant des choses qui sont de son ressort; les arguments contraires, sur la raison prétendant décider de celles qui lui sont supérieures. On se confierait à ses lumières en géographie, en physique, en géométrie; on s'en défierait dans Tordre des choses religieuses, parce qu'étant finie, il est des vérités qui la dépassent; parce que, n'agissant pas sur la volonté pour convertir l'homme, elle est inutile au salut; parce qu'engendrant l'orgueil, elle est souvent un obstacle au salut. Pascal n'omet point ces considérations qui lui sont communes avec tous les autres chrétiens ; mais elles ne contiennent pas, à ses yeux, comme on le verra plus loin, la véritable solution du problème.