‹ Pascal et les pascalinsChapitre 11 sur 75 · PORTRAICT DE LOUIS · texte numérisé non relu

PORTRAICT DE LOUIS

Il parle peu, mais il dit bien ce qu'il dit ; il ne dit rien de désobligeant à personne, raesme à des brutaux qui se sont emportés contre luy.

m. d'andelle (sic pour d'Andilly) m. le maisiki M. d'Andclle fait bien des fautes dans les œuvres qu'on ne luy a pas corrigées, parce qu'il n'entend pas les belles lettres assés. Atnoliri, il a traduit : amolir.

M. le .Maistre, dans saint Jean Climacus, ;i traduit vena, veine du

• orps, au lieu que L'auteur ne parle que d'une source d'eau (fol. n).

1 Nous avons vu plus haut que Pascal n'admirait guère Arnauld

e rapport, voir p. S.

- Le jugement est assez juste Cette partie de la conversation 1 certainement postérieure a l'année 1674, car si la Vie </< saint Jean Chrysostome « sous le nom du sieur Menard parai de [664 1 [669, e1 sous le nom d'Hermanl la Vu de saint Athanase, en . -. volumi 1 il> ■ 1 i Basile ci de saint Grégoire à

•ail <|c i''>74.

tions : il n'est pas tousjours lidelle traducteur \ mesme pour le sens de son auteur, mais il escrit parfaittement bien, son stile est coupé, ses paroles propres et choisies. Dans la première page •de Caesar, M. de Villeloin 2 dit y avoir trouvé presque autant de fautes que de mots, par exemple quand il traduit Gallia omnis in très partes divisa est : les gaules sont divisées en trois parties, par les gaules on entend toute la gaule transalpine et cisalpine, mais ce n'est pas le dessein de Caesar. Ailleurs, il traduit : pons ad helvetios pertinet : ce pont appartient aux Suisses, prouincia romanorum, la Romagne, pour la Prouence » :î (fol. 17-20).

L'auteur des jugements n'est pas indiqué, mais comme ces pages suivent immédiatement un récit des événements de la paix de l'Eglise signé Bridieu (f° 16 v°), il est à croire que ces appréciations sur les auteurs du temps où une large part est faite à Port- Royal, est de la même source.

Le style de cet archidiacre de Beauvais a, du reste, sa saveur propre et nous rencontrons bon nombre de ses jugements libellés de même sorte. Lui aussi nous fournirait la matière d'un petit volume d'ana.

Dans cette catégorie des « jugements littéraires », je fais entrer un morceau qui m'avait échappé d'abord lorsque je rassemblai, pour la Revue Bossuet '' les divers passages relatifs à cet orateur. L'éloge qu'on fait de lui en le mettant en une

1 On se rappelle le mot de « belles infidèles » appliqué à ces traductions. Au reste voici le jugement de Boileau, cité plus bas (fol. 51) :

d'ablancourt Boesleau, l'auteur des satyres, n'estime pas les traductions d'Ablancour parce qu'il se donne trop de liberté. Il avoue pourtant qu'il faut accommoder les auteurs à notre manière ; il n'estime pas son Thucydide à cause de sa licence. »

2 C'est-à-dire l'abbé de Marolles, voir plus haut, p. 24.

3 Suivent les jugements portés sur le cardinal du Perron, controversiste, que j'ai cités dans le Ton de la Prédication avant Bourdaloue, p. 257-263.

4 Voir la Revue Bossuet, pour les jugements littéraires de celui-ci et ceux relatifs aux prédicateurs.

sorte d'opposition avec le docteur Dirois, si tréquemment nommé dans le recueil ', marque que ses contemporains ne se trompèrent pas sur son mérite. Par contre, l'anecdote sur la nomination de l'abbé Le Tellier comme coadjuteur de Reims (1668), où il est parlé de l'évêque de Meaux, concerne non point Bossuet, mais son prédécesseur, comme il est évident par la date et par le nom du P. Annat, mort le 14 juin 1670.

On compare le recueil de principes - qu'a fait M. Dirois à ces gens qui amassent des haillons dans les nus, de cent il n'y en a

1 Voir sur ce personnage, plus haut, p. 3. Comme je l'ait dit, pas assez peut-être dans le Ton de la prédication avant Bourdalour (p. 262), en faisant remarquer la place qu'occupe ce docteur dans la série des jugements recueillis par notre collectionneur anonyme, il y aurait lieu de relever un véritable Diro...ana qui serait loin de manquer de l'intérêt que comportent les livres de ce genre. Prochainement, j'aurai à m'occuper de ce docteur à titre d'apologiste trop oublié. Je n'ai pu encore déterminer quel pouvait être ce Recueil de Principes sur lequel porte le jugement relatif à Dirois et rien dans la liste de ses ouvrages ne semble répondre à ce titre de livre. Bornons-nous, en attendant, à renvoyer à la notice que le P. Chérot a écrite sur lui, à propos d'une lettre qu'il reçut de René de Marillac, le 13 août 1689, dans laquelle Bourdaloue est invoqué. Voir Revue Bourdaloae, Ier avril ]903, p. 243. François Dirois, mort en 1690, chanoine d'Avranches, était né en 1620. Sa liaison avec les jansénistes finit en 1664 par son adhésion au formulaire. Attaché à la fortune du cardinal d'Estrées, dès l'année 1672, il l'accompagna deux fois à Rome. Il y était en 1682 lorsque Bossuet lui mandait des nouvelles de son sermon sur V Unité de l'Eglise.

Voici un passage où il nous livre lui-même le plan de ses travaux vers 1670.

m M. Dikoik

Il a trois desseins : le premier, de travaille] à L'escriture OU l< ■ H-, littéral, marquer Les différentes Leçons, pour l<- sens moral M prendra < ciuy qui luy paroistra Le plus beau et le plus naturel "' il a plusieurs traittés de théologie, le traitté des sacrements es1 achevé, la puissante des princes dans L'Eglise, loci theologi attributs, la grâce, et 30 Traittés de la morale, explication di de l -ai < Lence, Dikoik (loi. 1'.

teulemenl en [683 que parut le volume m |n intitulé

que 3 ou 4 qui sèment. Il a beaucoup de vues, elles ne sont pas toutes iustes, on entreuoit les vérités dans sa bouche, c'est vn docteur de grande piété et de beaucoup d'esprit.

11 y a des gens qui sont au-dessus de leur science, et d'autres •qui sont au-dessous ; ceux qui sont au-dessous ne sauroient s'expliquer. Ceux qui sont au-dessus s'en seruent agréablement. M. Bossuet est au-dessus de sa science, et la traitte auec vne délicatesse qui ne l'abandonne jamais.

M. l'abbé le Camus, àpresent Euesque de Grenoble, donne vn air de Cour a sa théologie et persuade beaucoup par ses agréments.

Jesuistes qui parlent bien latin : Mariée, Sirmond, Petau, Vauasseur, disciple du P. Sirmond, d'un esprit peu estendu, Strada, Turcelin, Frison '. Le P. Rapin ne parle pas mal latin, fait de beaux vers {Lu Valseri -.)

M. Nicole n'a pas le latin en main comme ces gens la ou comme Erasme, etc., son Vendrok est pourtant bien escrit.

M. l'abbé le Tellier, quand il fut proposé pour estre coadjuteur de Reims, les Iesuistes écriuirent au cardinal Bona, contre l'abbé, mais le cardinal renuoya la lettre à M. Leuesque de Meaux, d'autres disent à M. le Tellier, le Père, ministre destat, si bien que

Preuves et préjugés pour la religion chrétienne et catholique contre les fausses religions et l'athéisme, le seul des ouvrages de Dirois qui semble répondre quelque peu au travail jugé si rigoureusement. Cette date ne semble guère concorder avec l'époque de la présente conversation. Faut-il supposer que cette Apologétique, en effet fort peu personnelle et assez mêlée, fut une œuvre de longue haleine dont l'ébauche circula longtemps avant l'impression définitive ? C'est beaucoup accorder à la conjecture.

1 Pour les noms de ces « Jésuites parlant bien latin » et les détails biographiques, voir Sommervogel, Bibliothèque de la Compagnie de Jésus, aux mots Mariée, Sirmond, Petau, Vavasseur, Strada, Tusellini, Frizon. La mention de la traduction latine des Provinciales par Nicole sous le nom de Wendrock nous fournit la date de 1658, de beaucoup antérieure à cette conversation.

'-' Cette signature ne serait-elle pas le nom estropié de l'abbé de la Valterie. ancien jésuite, qui figure souvent comme signataire de réflexions dans ce recueil ? Voir mon Histoire critique de la Prédication de Bourdaloue, t. III, p. 460, note 1. Un Levasseur est cependant aussi souvent allégué. Voir Le Ton de la Prédication, p. 202.

l'abbé tu iurt froid au P. Annal dans vne visite où il luy tesmoigna son mécontentement : ensuite tout le monde leur a donné à dos. (Fol. 21-22.) iLe Bon.

Comme suite à cette anecdote sur la nomination du coadjuteur de Reims, il convient de citer une conversation de Bossuet. Elle vient, sous le titre Evesques, après un mot de du Tremblay ' sur leur droit de préséance.

EUESQUES

Ils ont droit de sceance dans les parlements de leur ville (Du Tremblay.)

M. le Coadjuteur de Reims a représenté au Roy que les euesques dévoient estre salués deuant le parlement, puisqu'ils ne seroient pas mandés aux cérémonies s'ils ne faisoient pas corps. Il ne faira jamais de lascheté, il est trop fier. Il ne se soucie pas de se faire des amis. (M. Bossuet 2.)

Un des jugements littéraires de Dirois, qui ne regarde point Pascal, est à ramasser en passant. Ceux de Gomberville et de Lumbert sont plus près des hommes de Port-Royal. Nous les donnons sans les commenter.

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