‹ Pascal et les pascalinsChapitre 23 sur 75 · OFFICES DE CICERON · texte numérisé non relu

OFFICES DE CICERON

J'ay veu M. de Bridieu ; il m'a dit qu'à la cour tous les beaux

esprits [lisaient! les Offices de Cicéron. et qu'ils les portoient comme leurs bibles : Chevalier Miton, Méré. On en Leut une fois au conte Saint-Paul Longueville :î. Tous les beaux esprits admiroient Cicéron 4. M. Bridieu montrait que la religion elevoit encor plus haut ses pensées, et que, en Cicéron, il n'y avoit que «les demy beautés, Lesquelles estant perfectionnées par le christianisme sont tout nullement lumineuses. En un mot. la religion

1 Cette phrase se peul interpréter aussi en ce sens que les premiers Elançais parus déjà, .un, mut eu peu 'le succès. En ce cas il Luit descendre â l'écrit sur la Prédication qui est de 1679.

- Ce nom défiguré cache ou celui «lu P, Bouhours ou celui du I' Laurent Lebrun, Qé à .Nantes le 4 niais [608, morl à Paris le ptembre [663. Voir la longue liste ,i(- ses poèmes Latins dans la Bibliothèque., «lu 1*. Sommervogel, t. IV, col. 1630.

:; Sur L'abbé de Saint-Paul Longueville. Voir Port-Royal, I i\

1 1 .- t à rapproi aei d'un jugement de Bossuet sm

Cicéron, que j'ai cité déjà : M 1 '•" uet estime que les plus beaux livres de I icéron, <«■ sont les loix (fol. m1 (Voii Revue Bossuet, 1 c, p. m.)

répare le bon sens. Cicéron permet de se ranger : cela est contre le bon sens. Nous auons une société entre Dieu et l'homme. Les philosophes reiglent la société auec les hommes et non auec Dieu -(fol. 114. v°).

Les Miton et les Méré, qui faisaient des Offices de Cicéron leur Bible ou leur bréviaire, nous ramènent à la période de la vie de Pascal non encore soumise à l'influence exclusive ou du moins prédominante de Port-Royal. Raison de plus pour ramasser dans notre recueil tous les témoignages qui, sous couleur de jugements littéraires ou théologiques, concernent ses amis de la veille comme ceux du lendemain. Au reste, les Pascalins proprements dits, La Chaise, Goibaud de Dubois, tout aussi bien que Bridieu, Nicole, et autres critiques assez rigoureux des Pensées et des autres travaux de Pascal, intéressent, chacun dans leur genre, son œuvre et sa physionomie. Tous nous éclairent, par leurs conversations, sur les milieux divers qu'il eut à traverser.

Pour faire court et ne point nous perdre dans les innombrables conversations de omni re scibili relatées dans notre manuscrit, nous nous bornerons à relever, pêle-mêle et sous leurs différents titres, divers jugements de toute sorte portés par les membres de ce cercle anonyme. Le P. Rapin, déjà rencontré, y voisine avec Lumbert, le critique littéraire de ces Messieurs de Port-Royal, avec Naudé, le P. Martin ',

1 Contrairement à ce qui aétéditpage20,n. 3,etbienquc le P.Martin, Bénédictin, se soit occupé des éditions des Pères, il s'agit plus probablement dans ces entretiens d'un de ses homonymes, désigné par une indication plus complète, comme originaire du Poitou et appartenant à l'Oratoire. Les jugements portés prononcés par lui et cités plus haut sur saint Augustin, saint Thomas et Descartes (voir p. 20) donnent à penser qu'il est en question dans les deux fragments que voici : « philosophie. Elle tend à rendre l'homme heureux. L'homme ne le sçauroit estre que par la possession de Dieu. Il faut donc que la philosophie le regarde dans toutes ses parties : ainsi, la Logique le regarde comme la vérité qui règle l'esprit ; la Morale, comme

Bridieu et plusieurs autres qui nous rapportent les sentiments de leurs amis ou leur propre opinion 1. Le commentaire en prendrait trop dé place ; bornons-nous à souligner le jugement sur Montaigne, accompagné toujours de la note caiitc legendus, qui n'a rien pour surprendre lorsqu'on se rappelle l'Entretien sur Epictète.

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