C. I)iiiis Toi-Jn' philos()j)lii(|U(î ri moral, Pascal a
l'homme, l'œuvre, l'influence 107
perdu son procès presque complètement et dans TEglise et devant le monde. — Dans l'Eglise : les excès théologiques et moraux signalés par lui ont bien été condamnés; mais les théories où il en voyait Torigine, molinisme et probabilisme*, ne Tout pas été, et ce sont, au contraire, les siennes qui l'ont été; ce sont les jésuites- qui allaient dans le sens de révolution de l'Eglise, non les jansénistes (Cf. Lavigerie, op, cit.). — Devant le monde : les applaudissements qui accueillirent les Provinciales ne doivent pas faire illusion, car Pascal a sans s'en douter fourni des armes, des prétextes et des arguments contre la religion elle-même, et Molière, Bayle et Voltaire ont puisé à pleines mains dans les Provinciales (Cf. éd. Havet, t, 1. p. lxxxvilxxxvii); — d'autre part, la morale mondaine qu'il
1. Si sur la question du probabilisme, on voulait ne pas se fier à Pascal, — et l'on aurait bien raison de ne pas trop s'y fier, — on pourrait lire quehjues pages très claires de W' d'Hulst dans un article du Correspondant (25 sept. 1890) sur Une nouvelle appréciation des Provinciales. Mais pourquoi, à la fin de ce mêrae article, M"*" d'Hulst s'est-il avisé de critiquer l'ascétisme janséniste d'une manière qui pourrait se retourner si aisément contre l'ascétisme chrétien? — Voir aussi abbé Le Bachelet, la Question liffuorienne, probabilisme et équiprobabilisme (Paris, Lethielleux, 1900).
2. Est-il vrai d'ailleurs, comme Pascal et les jansénistes l'ont souvent donné à entendre, que les jésuites avaient introduit dans la théologie traditionnelle des nouveautés fâcheuses ? Bossuet du moins les en a vigoureusemcmt défendus dans sa Défense de la tradition et des Saints Pères^ partie 11, liv. XIll, chap. iv (éd. Lachat, t. IV, p. 506-513), et d'après lui, ils ont toujours été des disciples très respectueux de saint Augustin et de saint Thomas.
I"8 TASi-AL
ii>inl>:ittait :i trioniplu» m)U> le nom de morale Jeâ liMiinrtes jrons Cf. Saiiilo-Ui^uvt», t. III ; — el Bruin'liori». liifnii/. au\ l*rnrim'. ; — entin, sa croyance à la niisiTi» l\»nriiMV i\v l'homme a été supplantée par la rruyaui'e à la biuitô de la naturo humaine; — >"il O'-t vrai, roinini* l'on a prétendu ^Cf. BrunetiiTi- . *|Uf. >ur li's diMix ih*rniers points, notre temps i't l'avenir tiniroiit |>ar donner raison à Pascal? Hii»*. d'ailliMirs, ce m» sont là que les résultais i:i*ui'*rau\ il«* l'tiMivro de Pascal; — mais que les rt"-nllals immédiats t'U ont été plus heureux. — hans TKtilise même. Bossue! et Bourdaloue ont proiité lie ses louons et ont en somme, durant un d<Miîi->iècli'. combattu, non sans succès, le même ciMuhal K\ur lui i»t continué son tvuvre. — Et dans II* monde mèuïc, si en un certain sens, les «liberlins ' (»iit Iroiiv»' dans le Pascal des Provinciales un allié aussi inallendu (|n'involontaire, à un autre |M»int de vue, ils ont <mi, daus l'irréductible ennemi d(» la ' nu>rale facile ^» un bien redoutable adversaire.