‹ Pascal, l'homme, l'œuvre, l'influence: Notes d'un cours professé à l'Université de FribourgChapitre 25 sur 61 · Pascal directeur de conscience et « pédagogue · texte numérisé non relu

Pascal directeur de conscience et « pédagogue

— A. Les lettres à M"® de Roannez (Cf. G. Lyon, la Conversion de itf"* de Roannez, Pau, 1879; — A. Gazier, Mélanges de littérature et d'histoire ; — De Lescurc, Pascal et M"' de Roannez, Correspondant du 25 août 1881 ; — Adam, Pascal et M"*' de Roannez dans la Revue bourguignonne de renseignement supérieur, 1891 ; — J. Calvet, Pascal et M"® de Roannez, Revue du Clergé français du 15 juin 1901 ;

— Emile Faguet, Pascal amoureux, Revue de Fribourg, février et mars 1904) : qu'elles doivent dater de la fin de 1656. — Charlotte Gouffier de Roannez, future duchesse de La Feuillade : quelques détails biographiques : une' âme inquiète; — invraisem- -i^ blance et inconvenance de la légende (Cf. Faugère, V ..«^ éd. des Pensées, t. 1, Int7'oduction ; de Lescure, 1 *''

éd. du Discours sur r amour ; la pièce intitulée Pascal dans les Poésies de M""® Ackermann, — et en sens contraire, Cousin, op, cit., et Faguet, art. cit.).

qui veut que Pascal Tait aimée; — que Pascal n'a aim6 d'amour que son Dieu. — Que M"* de Roannez ne paraît pas avoir été la seule personne qu'il ait dirigée (Cf. sa Vie par M""" Périer, éd. Brunschvicg, p. 23) : dureté toute janséniste avec laquelle il Ta traitée (en rapprocher le fragment de lettre à jyiino Périer touchant sa fille Jacqueline, 1659, éd. Brunschvicg, p. 227), — et qu'il ne semble pas avoir eu le sentiment de la différence de vocation d(^s âmes. — Que, par des voies toutes différentes et avec un idéal tout différent, la direction de Pascal aboutit h des résultats analogues à ceux que poursuivait la direction de Fénelon : elle énerve la volonto et brise le ressort intérieur; — et que CCS doux directions s\)p[)osent toutes deux à la direction si lîirg(» (ît pr(îS(|uo trop impersonnelle de Hossuct.

B. Les /rois Pisrot/rs sur la condition des grands conserves par Nicolf» dans le Traite, de Véducation d'un prince ' HwOj; (juils doivent dal(T de 1660, et avoir été lenus \\\\ jeune duc dc^ Luynes (Cf. l'/n-

tri)d. Ai\ heronu^ \\ son éd. (|(»s Provinciale fi) \

(jiril est curieux de voir Pascal ambitionner le poste (|u'occuperonl plus lard Hossuet et Fénelon, mais (|u'on trouver des préoccupations analoglj^dB; che/ Saint-Cyran el chez Méré (Cf. BmnBChTict

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p. 231-232). — Sévérité et hardiesse du langage de Pascal, et qu'il est dépouillé de toute idolâtrie mo- -. narchique ou nobiliaire; — que ses vues pédagogiques rappellent certaines de ses PeîiséeSy et qu'elles reposent tout entières sur l'idée de la « misère de Thomnic sans Dieu » ; — contraste qu'elles présentent avec les théories de Fénelon et de Rousseau, fondées toutes deux sur l'idée de la bonté de la nature humaine.

S'il est bien téméraire de supposer que Pascal a .y «rêvé de jouer un rôle politique», ses «lettres de direction » et ses discours nous le montrent plus épris d'action que nous n'aurions pu croire; et nous trouvons en lui un devancier inattendu de Bossuet, de Fénelon — et même de Rousseau, celui-ci ayant été non seulement un «pédagogue», mais aussi un apologiste et un directeur de conscience à sa manière.

III. Les derniers travaux scientiûques de Pascal. — Pascal revient accidentellement aux sciences (1658) : témoignage de Marg. Périer [Lettres^ etc., p. 457); le problème de la Roulette^ et difficultés qu'il présentait à une époque où l'on n'avait pas encore découvert le calcul inlinitésimal; Pascal le résolut en quelques jours (Cf. une lettre admirative de Huygens à.ue sujet dans ŒJifhres compL

(le Pascal, t. III, p. 404); — le conseil du duc de Hoannez : cmpressomrnt que met Pascal à tourner sa découverte; au profit de la religion ; — sous le pseudonyme iVAmos Deiionville, il ouvre le concours de la Roulette (juin 10.^)8) : solutions approximatives de TAnf^lais Wallis et du jésuite Lalouère; — polémique avec ce dernier : dureté et âpreté de Pascal (Cf. Joseph de Maistre, Maynard et Bertrand ; op. cil.; — et P. Tannery, Pascal et Lalouère^ dans les Mémoires de la société des Sciences physiques et naturelles^ Bordeaux, 1885) ; de décembre 1658 à janvier 1659, Pascal donne les solutions promises, et à partir de ce moment-là, il renonce aux mathématiques. — La lettre à Fermai MO août 16(*)0) : «(lar pour vous parler franch(îinent de la g(*oinétrin, je la trouve le plus haut

exercice; do respril ; mais enlin ce n\îst r|ii'un

métier, c^l j'ai dit souvent qu'(îlle <îst hoimc^ pour laiiMî I>.s.va7, mais non pas Vewp/oi de notre force : f/ri sorte fjnc je nr fn-tih pas driix pas pour la fjénnifUrie...» — l'iii de la carrière scientifique de Pascal.

IV. La vie de Pascal durant ses dernières années. — Peut-on parler avec Sainhî-neuve de la sainteté do Pascal? — et que le mot n'a j'i(»[i d'exagéré. — Les coups redoublés de la maladie : patience

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stoïque à supporter et ardeur mystique à appeler et à bénir les souffrances ; — les mortifications et Tascétisme : excès de Tascétisme de Pascal, mais que Texcès en pareille matière consiste bien plus à vouloir imposer sa vie aux autres (ce qui fut la tendance de Pascal) qu'à la vivre telle qu'on la conçoit; — que l'ascétisme, sous une forme ou sous une autre, est la condition même d'une vie morale intense*, et que la plupart des objections qu'on lui adresse ont pour origine secrète je ne sais quelle horreur physique de la souffrance et quelle peur affolée de la mort : et à ce propos, un curieux jugement de Leibniz sur la philosophie du xviii*' siècle (Cf. Ravaisson, op, cit., p. 427'^). — Douceur, humilité, simplicité de Pascal dans ses dernières années, — et que ce furent là, pour une personnalité aussi impérieuse que la sienne, des vertus laborieusement et péniblement acquises ;

— sa charité et son amour ardent de la pauvreté

— Les derniers moments et la mort de Pasca (19 août 1662). Voir sur tout cela l'admirable Vie

1. Cf. dans la Revue des cours du 30 juin 1898, la belle leçon de M. lioutroux sur l'Ascétisme dans la doctrine de Pascal. — Voir aussi V Alternative, contribution à la' psychologie ^ par Edmond Clay, traduction Burdeau (Alcan, 2* éd. 1892, S-).

2. « Leibniz, dit M. Ravaisson, qui croyait voir dans son temps des signes d'une manière de penser fausse et pernicieuse tendant à s'établir partout, met en première ligne parmi ces signes « l'horreur de la mort ». — La vulgarité morale du xvur siècle n'a sans doute pas d'autre origine.

! 16 PAnCAÎ.

ii»^ Bl*ii<^ P'Ki'ii par sa sœur : opinion de Bayle sur r oxomple d*uno si grande vertu » {Xoiivellea #/«r Aï Rrinthliqu,- >Ir. h^ttrr<^ déc. 1684^.

tjue lo récit do celte vie est le meilleur comnioDtaire et la plus touchante explication des Pen<t'e<.

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