‹ Pascal, l'homme, l'œuvre, l'influence: Notes d'un cours professé à l'Université de FribourgChapitre 34 sur 61 · IT · texte numérisé non relu

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SL- mille m^mcqueles apologistes coDlempoi'ftins s'en iuspiieDl rie plus en plus (Cf. liiitlilin, ofi. cit.) : lémoignage de M«' d'Hulst(a/-/ cit., p. 1074-107r>), '[ «leM. Briineliore [le Valkoliviume aux Hlala-Vnis, vue fie bev:e Mo/k/ch, 1" novembre 1898, 78)p.

son seulement pai- rtos ariinitês de doctrines, j

iiffinilÈ» de tempftrament mnrai. — Voir nusai dans In Défeii

I Esfai aur tinUiffèrenae. le chnpitre consacré à Pascal.

1- Il ierB.it assez aisé, et 11 ne serait nullemi^ntarbltraire, — je ne -iiispin le premier 4 en Caire l'obBervaliim, — de rattacher directelits Pitstal tout le mouveinenl de l'apo logé tiqua conlemporaîne.

II n'en veau paar preuve nue ces dernières lignes de la Leflre de M Dlondel shj* it» fxii/encea rie ta jietiKéc conteiitp'iraine «i maliére il'apùlogétûiut : « Lors(iii'l1 y h deun cent cinquante ans, faseal s'était vu forcer île toucher, avec une rrourtiiae qui lui parAïssail violer certainfif! pudeurs de l'âine clireiienne, à des sujets brûlants, il pouvait bien jeter, dnna spx nutes intimes, ce cri d'indignation : iiLes malbeureui, qui m'ont obligé de purler du fond

il 1a religioa!» Car sons doute, en son jansénisme Bdéiste. il il-vnit craindre de porter une main sacrilège sur ce rondement .iiV^ii)u« de toute nuturitê qu'il pluçait duni la coutume et mëuiB

i.ius lu ((rimace: peut-^lre même, avec la perspicacité de son L' nie, avait-il le sentiment qu'alors la raison n'était pas arniêe i <ur alTronter au plein jour de la critique le terrible combat que l'nssuet, lui aussi, voyait surgir contre le chrislianisuie. Eh bien t 1^ graoïl combat, nous l'avons eu, nous l'avons encore il> soutenir, MUS Tointe et sans réserve. Dan» son effort le plus barrli pour fermer le chemin de Is foi, la raison s'est fortifiée pour l'ouvrir. Vl^-rès toutes ses hardiesses, nous n'avons rien à compromeltre en wrlBat sans réticence. Et maïntenanl le seul péril serait de nous r à lu loj-ant^ d'une impitoyable discussion, qui, en ces ms où le silence et l'oubli sont les suprSmes injures, est le te plus grande marque intellectuelle du respect , comme elle I le seul lien, mais combien fort et intime, entre des âmes o Bppareocc par l'abtme des croyances positives et qui Ull doivent être toutes fraternelk» dans l'inquiétude et la !. Cor la recherche, qui précède et peut même suppléer, ■ toujours accompagner, suivre et viviQer la possession: elle > humain de la grâce et la l'onditîon inblluctuelle de la fiXt. Et pluË elle est franche et implacable entru esprits discor-

^ÊÊt

C. Au point do vue philosophique. — 1** Que, sur les points essentiels, les conceptions contemporaines de la vie, du monde et de Thomme se rapprochent singuli<^rement de celles de Pascal : personne aujourd'hui ne croit plus à la bonté native de l'homme |Cf. Schopenhauer, Taine et Renan, Th. Rihot(/7/mv/i7e/>5ycAo/ojr/yz/^,5*éd., 1897), etla plupart des théoriciens du pessimisme et du darwinisme; et tous ceux qui « pensent » admettent aussi que la vie a son objet en dehors et au-dessus d'elle même (Cf. Boutroux,oy). c//.)]. — D'autres (Cf. Brunelière) vont plus loin encore dans le sens de Pascal; mais il faut reconnaître que ce ne sont encore là que des « opinions particulières ».

2" Au sens plus technique du mot philosophie, on peut sifinaler entre la doclrine de Pascal et les (lôclrines contemporaines des points de contact plus instnictil's encore :

(i) D'unt; manière i^éiiéiale, nous sommes aujourd'hui disposés à trouver avec Pascal que les philoso-

(lants, plus elle esl salulaire par restiinc qu'rllc engendre au prix d'une f(>n(ière sincérité. Heureux donc, devons-nous dire dans un esprit de pnix et de vérité en contredisant le mot de Pascal, do j)ouvoir toucher, d'être o])lif,'és de toucher, de voir tant d'esprits forcés et empressés à toucher le fond nu*'me de la religion. » — Voir aussi dans les Annales de p/iilosop/tir chvvlienne de mai 1900, aux Vanéh's crilif/iici. les pages de M. Ulondel sur Pascal. Cf. enfiii L. Laherthonnière, le Prohlhne reliçjieu.r (Annales de philosophie chrétienne, février et mars 18î)7), et l'article déjà cité du môme auteur suvVApoluf/eliqite et la mcthinlv de l'ascal : ces deux articles sont recueillis dans les Essais de p/iilosop/iie religieuse.

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phies des « idées claires et distinctes » sont des philosophies superficielles, et qu'une philosophie des « idées obscures » a infiniment plus de chances d'embrasser et d'expliquer ce que nous pouvons étreindre du réel (Cf. Rauh, op, cit,),

b) Les théories actuelles, en faisant leur part, dans le fait de la croyance, au sentiment et à la volonté conçus comme différents, non pas de la raison, mais du raisonnement, ont, dans leurs parties solides et durables, retrouvé entièrement la théorie de Pascal sur le môme sujet (Cf. J. Pavot, De la croijance^ Alcan, 1895, — le Mémoire de M. Renouvier, intitulé : Doute et croyance^ dans Y Année philosophique de 1895, — Bal four, The Foundations of Belief^, London, 1895, et la Préface mise par M. Brunetière en tête de la traduction française (1897). — Importance de ce fait en ce qui concerne la position prise parla pensée contemporaine à l'égard du problème religieux.

c) Que d'autres thèses fort importantes aussi de

1. Ce livre, dont la réputation n'est plus à faire, est d'autant plus intéressant que l'auteur, en 1879, avait débuté par un ouvrage dont les conclusions étaient tout autres : Défense of Philosophical Doubt. — The Foundations of Belief ont eu trois éditions en quelques semaines ; et, étant donnée la nature de l'œuvre, c'est là un succès qu'on ne peut guère comparer qu'à celui de la Vie de Je'sus. V Esquisse, d'une philosophie de la religion d'après la psychologie et rhistoircy de M. Sabatier, dont on a rapproché aussi le célèbre livre de Renan, a mis plusieurs mois avant d'atteindre la seconde édition.

la philosophie pascalicnne ont été reprises de nos jours par d'éminents penseurs : la théorie des « trois ordres », par Maine de Biran (Cf. Œuvres^ t. III, p. 5'tO, et Fouillée, éd. classique des Opuscules philosophiques de Pascal)^ — par M. Lachelier^ [le Fondement de l'induction^ Psychologie et jnrtaphf/sique^ 2" éd., 1896; — et dans la Revue de r instruction publique des 16, 23, 30 juin 1863, trois admirables articles sur Vidée de Dieu, de Caro), — par Taine lui-môme '; — celle des « deux infinis »,

1. <' La philosophie de M. Lachelier, écrit M. Fouillée, offre connut; Ton sait, trois juirlies superposées, ou plutôt trois it ordres» a/KtloffUPs à ceîu' de Pascal : mécanisme universel, finalité universelle, enlin rè^^ne de la liherté et de la grâce... La critique la plus hardie et la plus indépendante aboutissait ainsi, chez M. Lachelier, à l'acte «le foi moral et relijîieux ; par là il représentait un état d"c'S[)rit très rrpandn de notre temps : il donnait satisfaction au double besoin de douter et de eroire. » (Fouillée, le Mouvement i (Ira liste et ta rradion contre la science positive, Paris, 1896, ]). xx-xxi.) — Voir aussi l'arlirle déjà citt' de M. Lachelier sur le l*ari (te l'ascaL

•J. ('e nouveau rapî^roehement va sans doute surprendre, et je conviens 1res volontiers (pie Taine ne paraît pas avoir développé cette vue autant qu'il l'aurait fallu ])our en faire une thèse très importante de sa philosophie. Mais cela tient peut-être à ce qu'il n'a «^^uère eu le temps (pic de nous présenter un seul aspect de sa pensée, car v(>ici ce (pie je lis dans la Préface de la troisième édition «le Vlnlellifjencc : Taine vient dinterpréter au point de vue pbilosophi«iue les n'sultats de « la iKtuvelle loi mécanique sur la conservation de l'énergie ^>; il a ramené tous les ('vénements physiques et moraux au mouvement, le mouvement lui-même à la sensation, «pii lui paraît (*tre rélément simple et constitutif de l'existence universelle (tout ce développement a été complètement remanié danslai" édilion(18S3) ets(|q.), et il ajoute ennote : <^Ceci est le point de vue scic7ilifi(fne. Il en csl deux autres (fuil est inutile (le présenter ici, le point de eue esthétique et le point de vue moral. — On y considère non ])lus les éléments, mais la direction des choses ; on y re^iiarde l'effet final comme un but primordial, et

r Renan, dans son Examen de conscience phihso- \/kiqw de septembre 1898' {Feuilles di^lachêes.) —

E nouvta« point df fue eut aussi léyilime que Voulue, n — Celle ' *, qui ne Jl^uTitit pas dnns tes deux premières Ëditloas du livre, fS Eiupprimiie dans la riuatrième et sqq. C'est. Fomme l'on voit, ju de chose ]irèa, In conception oiRlIreise de M. Lachelier et FAfcnl. Et, sans doute, il faut regretter que Tuine ait juKé Utile de prêsi^nter ici n res deux autres points de vue. Mnis ne Kit-ce pas parce qu'il les nurait présentés et développés nilleurs: ^int de vue eathélique dans la Fhilotopkie de Varl, — le point e moral dans certaines pages des Origine», en allendant i|U'il )vlDt dans ce traité de In Volonlé qu'il avait r&vé d'écrire, mais RI n'a pas pu donner? Et si ces hypothèses étaient admises, je regretterais d'avoir dit tout à l'heure que « In théorie des trois ordres » n'occupe pas une place très importante dans la philosophie de Talne. puisqu'au cantrnire elle en roumirait la cleh Dans une lettre À Francis Poictevin (4 octobre 1S83), il disait plus nettement encore, retrouvant lu formule mËmede Pascaha Amonsena, l'artet I si^ience sont deui ui-rii'ffsdillérentg. n — Voir mon Essai svf Taiitf. \ . U'est M. Lanson, je crois, ipiî, le premier, a indiqué cet intfl 'Bsanl rnpproi'hemenl : a 11 est, en effet, dit-il, curieux de voir igiic Renan a refait la méditation des Deux infinis en des termes ijiii rappellent élrnngemenl Pascal.» {Op. cil., p. 458.) Je note, (l'autre part, que Renan cite souvent Pascal dans ses lettres de jeunesse û sa su-ur Henriette et danK rAvenir de tu .'icienee. — MfiLS si l'idée est la intime cliex les deux penseurs, si les expres- -^ions mêmes se ressemblent parfois, le ton est tout différent, 11 rtsne dans le célébra fragment de Pascal un accent de mélancolie liJiutnine et profonde, on y sent percer un âpre et passionné besoin ■ le certitude et d'absolu, bref, je ne sais ipialle conlagieuse inquii-- ' n chercherait en vain dans fienau. Ces ' '

ï lèvres que celui-ci «assiste e ures que se livrent les idées ai i^se métaphysique ne l'Êlreinl

spectateur aux batailles Intè-

fond de

; l'ai

^ . . I instant; depuis longtemps

I parti de l'incurable incertitude de notre uiiséraltle I ience, de l'impuissance native de l'homme h embrasser t'inllni, ( son inlelligencfl y trouve trop bien son compte pour qu'il songe I - en désespérer, Tout autre est Pa.'îcal ; et dans cette opposition .1 deux attitudes, on saisit sur le vif l'intime cl irréduolible diU'È- ' ri'e des âuies. Intelligence souveraine, et dont on ne louera iriiais ussBE la somptueuse, ondoyante et Une couiplexllâ, il a N.inquê à Renan re qui fait les natures morales vraiment supéii-urcs : je veux dire cette chaleur et cette puissance d'émotion, t'itc ardrur de sensibilité, cette impatience du vrai et du bien

!»\SrAL

l'iii. ,< ih iiiliini>iii l'iiliii, si, ilt'piiis une vingtaine

mil.-, il ^i' lail ilaiis la pensre philosophique

... iiH..'i.iiiii' r.nunit» un sourd et liMit travail ayant

, . iii 'hjfl. ihni pas du tout denier et de ruiner la

. ..lu.- jMi-^ilivt', mais, au contraire, d'en assurer

'. i.i.».;n's t'M ilt'liinitant mieux son domaine, en

j.iMix.iul il <'u assurant ses méthodes, et en

iii\ .;.uilanl U's dn)its et les hesoins de la cons-

.. il..- ri'li;;ieuse el uitirale, il n'est pas d'œuvre qui

. .. • iiiiiMix se reeiunmander de Tautorité et de

: M i'ir.itinii ili' l*astal, car il n'en est pas qui cor-

, ni»' plu:^ i'xactement au dessein général des

»!t. L;ii lu'Iier, <fjf. vif.: — Liard, la Sciencr

. / -a //iê/(f/t/i//sl(^fff\ i" éd , 1898; — Rou-

■. '.i l'.is tlans r«>-|triL mais dans les profon-

.: I. -> \r l'rti'i', «'1 qui. rii dcmirre analyse, f"t>nt

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