Lettre de madame de Sévigné, 23 mars
sa vie pendant treize années encore, et mourut le 3 juin 1693.
Les atténuations dues à son influence sont surtout dans les éditions de 1672 et de 1678. Or, i! se trouve qu'à la première de ces deux dates correspond l'achèvement, et à la seconde la publication, de la Princesse de Clives. L'amitié de ces deux esprits si déliés a été heureuse pour notre littérature autant que pour eux-mêmes : on sait la part que La Rochefoucauld a prise à la composition et à la conduite, voire même à l'invention de tel épisode, de ce roman exquis; et vous voyez d'autre part que madame de La Fayette 'n'a pas nui à la perfection des Maximes. Ainsi deux purs chefsd'œuvre sont nés de l'union de ces deux esprits d'une finesse si pénétrante, d'une sobriété si subtile, d'une précision si rare; mais l'un et l'autre ouvrage présentent un caractère moral bien différent : les Maximes, tout en étant un divin régal littéraire, nous attristent souvent par leur scepticisme ou par leur clairvoyance implacable, au lieu que la Princesse de Clèves nous relève et nous réchauffe le cœur. Mais, dans l'un comme dans l'autre ouvrage, la force avec la légèreté, la concision lumineuse, le tour aisé de la conversation du monde et de la Cour, 1<$ bonnes haoïtudes du langage, aujourd'hui perdues, sont un charme toujours nouveau.