Voir ci-dessus, p
qu'elle eût moins de majesté ; mais elle en savait user d'une manière plus facile et plus touchante. »
Molière, qui lui dédia V École des Femmes, en 1663, quand la princesse avait à peine dix-neuf ans, loue également a cette douceur pleine de charmes ». Et Bossuet, dans l'Oraison funèbre que nous allons étudier, loue aussi, et à trois reprises, cette qualité parmi toutes les autres. « Votre mémoire, dit-il, vous la peindra mieux, avec tous ses traits et son incomparable douceur, que ne pourront jamais faire toutes nos paroles. » Dans un autre passage : « Toujours douce, toujours paisible, dit-il, autant que généreuse et bienfaisante. » Et enfin ce trait si charmant, d'une éloquence si neuve et si simple : « Madame fut douce envers la mort, comme elle l'était envers tout le monde. »
Une autre grande qualité qu'elle tenait de sa mère 1 , la discrétion, attestée à la fois par madame de La Fayette et par Bossuet, la rendait propre aux affaires. Aussi le Roi, qui avait pris beaucoup de goût pour elle après n'avoir pas voulu l'épouser, ne craignit-il point de la charger d'une mission diplomatique. C'est au retour de cette mission qu'elle mourut subitement.
Notre leçon de ce jour aura pour sujet, d'abord la mort subite de Madame, cet « accident si