Mot de Bossuet lui-même dans son discours
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sa discrétion parfaite, il lui confia secrètement le soin de mener à bien ube grande affaire politique commencée depuis près de deux années : elle l'acheva en quelques jours. C'était d'aller trouver en Angleterre son frère le roi Charles II, pour tâcher de rompre la triple alliance de ce pays avec la Hollande et la Suède contre la France. Elle obtint un traité qui détachait l'Angleterre de cette ligue. Sa fine main défit ce câble que rien ne semblait pouvoir diviser. Hais les fatigues de ce voyage, si court qu'il fût, altérèrent sa santé. Au retour, elle parut extrêmement fatiguée. « Elle entra chez la Reine comme une morte habillée à qui on aurait mis du rouge 1 . » Cependant personne n'eût pensé qu'elle n'avait plus que peu de jours à vivre, et qu'elle allait être emportée à vingtsix ans, par cette mort rapide, qui fit croire à un empoisonnement. Le procès-verbal de l'autopsie prouve la fausseté de ce bruit, accueilli à tort par Saint-Simon, qui, né six ans après, ne put connaître directement la vérité.
La vérité, la voici, attestée par les témoins du fait, madame de La Fayette, mademoiselle de Montpensier, l'ambassadeur d'Angleterre, et d'autres encore. Madame est morte dans la nuit du 29 au 30 juin 1670, au palais de Saint-Cloud : or, le 24, huit jours après son retour d'Angleterre, « elle