Voici le résumé de ces quatre articles
1° Le Pape ne peut rien sur le temporel ( c'est-à-dire ni sur les terres ou les biens, ni sur les choses de Tordre laïque et de l'État) ;
2° Il ne peut rien contre les décisions des conciles ( c'està-dire qu'il n'est pas infaillible par lui-même);
3° Il ne peut rien contre les libertés des Églises nationales ;
4° Celles de ses décisions qui ne sont pas sanctionnées par l'Église peuvent être réformées.
un service très important à l'occasion d'un procès pour le prieuré de Gassicourt *.
Lorsque le Chancelier Le Tellier mourut, l'archevêque de Reims exprima à l'évêque de Meaux le désir d'entendre prononcer par lui l'Oraison funèbre de son père : Bossuet, en acceptant ce devoir, s'acquitta envers le père et envers le fils.
Bossuet, dès sa jeunesse, par ses prédications à Metz, avait ramené à la Foi catholique nombre de dissidents. Ce n'avait pas été sans soutenir des luttes ardentes. Une, entre autres, avait fait grand bruit. Le pasteur le plus renommé des Protestants de cette ville, Paul Ferry, ayant publié un Catéchisme où il soutenait que, depuis la Réforme, on ne pouvait plus être sauvé dans la religion romaine, l'abbé Bossuet écrivit, en 1665, une Réfutation de ce Catéchisme, et cela avec assez de modération pour se faire un ami du ministre même dont il voulait renverser l'ouvrage. Plus tard, par un autre livre, Exposition de la Foi catholique, il détacha de la religion réformée plusieurs personnes de la Cour; notamment mademoiselle de Duras, nièce de Turenne. Cette conversion, commencée par un livre, fut achevée par une conférence de Bossuet
1. M. I loquet, dans ses Études sur la Vie de Bossuet (Tome II, pages 96 à li7, Paris, Firmin Didot, 1855) donne, au suja de cette affaire, de curieux détails. On en trouvera l'abrégé à la fin du volume, à Y Appendice III.
avec le ministre Claude, que tout le monde regardait comme un antagoniste digne de lui, et sur lequel il remporta. Il eut la gloire, en 1668, de convertir T urémie lui-même. On fut si joyeux à Rome de ce grand événement, que l'on voulut le faire cardinal. Qui ? Bossuet ? Non, Turenne. 11 y avait des cardinaux, laïques, par exemple Mazarin. Il y en a encore de nos jours, par exemple Antonelli *. Turenne eut le bon sens de refuser, — « toute sa vie jusqu'à ce jour, dit-il dans sa réponse, ayant été consacrée à des soins d'une nature si différente ».
Poursuivant sa lutte contre le Protestantisme, Bossuet publiera, en 4688, Y Histoire $es Variations des Églises protestantes, littérairement la plus remarquable de ses œuvres de controverse, où se trouvent des portraits brillants, sinon fidèles, des principaux chefs de la Réforme, et qui est un modèle de polémique passionnée.
La révocation de l'Édit de Nantes, lorsqu'elle survint, était donc bien selon les sentiments et les vœux de notre évêque; mais j'ai hâte de dire, contrairement à un préjugé répandu, qu'il n'avait pas coopéré autrement à cette mesure funeste 1 . Et, après la mort de Louvois, qui en avait été le plus ardent promoteur, lorsque le Roi fit donner aux commandants et intendants des provinces de nou-
1. Pas absolument laïques pourtant : car ils ne peuvent se marier sans renoncer au cardinalat.