Veuvage
2. Si c'est le cas, s'il y a lieu, par quelque circonstance aggravante.
nous enjoignons bien expressément aux juges des lieux de tenir la main, :;
Mais, si les pasteurs doivent sortir du royaume à moins de se convertir, les ouailles doivent rester, et avec elles on n'emploie que les voies dites de douceur, vous savez lesquelles : dragonnades, logement des gens de guerre, confiscations, galères, enfants ôtés, ou baptisés de force,
a Faisons très expresses et itératives défenses à tous nos sujets de ladite Religion prétendue Réformée de sortir, eux, leurs femmes et enfants, de notre dit royaume, pays et terres de notre obéissance, ni d'y transporter 1 leurs biens et effeta* sous peine, pour les hommes, des galères; et de confiscation de corps et de biens pour les femmes.
» Pourront, au surplus, lesdites personnes, en attendant qu'il plaise à Dieu les éclairer, comme les autres demeurer dans les lieux et villes, et y continuer leur commerce et jouir de leurs biens sans pouvoir être troublés et empêchés sous prétexte de ladite Religion prétendue Réformée, à condition de ne point faire d'exercices, ni s'assembler sous prétexte de prières ou de culte, de quelque nature qu'il soit; — sous les peines ci-dessus de corps et de biens. »
Colbert ayant résolu d'avoir cent galères sur la Méditerranée, et sur chacune d'elles cent rameurs,
1* D'un lieu à un autre, dans le royaume même.
on prenait des hommes partout où l'on pouvait, parmi les faux-saulniers 1 ou parmi les mutins ; mais, cela ne suffisant pas, on y ajouta tantôt des condamnés, tantôt des huguenots : nous le voyons dans les lettres des intendants et des magistrats à ce minisire. Pello, intendant du Poitou, lui dit, le 4 janvier 1662 : « J'écrirai aux officiers des Présidiaux et autres sièges de mon département, afin qu'ils condamnent le plus qu'ils pourront les criminels aux galères. » — De Fortia, autre Intendant, écrit à Colbert, le 16 avril 1662 : « Cette lettre sera seulement pour vous informer de ce que j'ai fait pour l'exécution de la volonté du Roi, pour le regard des criminels * que Sa Majesté désire être condamnés aux galères, afin de rétablir ce corps qui est nécessaire à l'État. » — Fontac, procureur général au Parlement de Bordeaux, lui écrit aussi : * Je ne vous saurais exprimer la joie que j'ai eue d'apprendre que Sa Majesté a agréé le soin que j'ai pris d'augmenter le nombre des forçats de ses galères. s — Le chevalier De Goût écrit au même ministre, le 22 juin de la même année : « J'ai un bon forçat, que j'ai fait condamner à ce Parlement, que j'envoyerai * à Toulon ; et, si je puis
1. Ceux qui faisaient la fraude ou contrebande du tel, en éludant de payer les droits.