Lettre de madame de Sévigné, du l eP mars
2. Lettre 162, de madame de Sévigné, édition Hachette, tome II, p. 195.
réclamaient. Tant que les Maximes avaient été lues à huis clos, « toutes les belles amies de l'auteur les avaient goûtées sans trop de scrupule ; mais c'est une terrrible chose qu'un livre imprimé : on découvrit tout à coup, et non sans raison, bien des pensées scabreuses dans ces Sentences, qui désormais allaient courir librement le monde. Le moyen que ces grandes dames missent ou parussent mettre leur visa à certaines maximes sur l'honnêteté et la chasteté des femmes ?. . . i »
« La sévérité des femmes est un ajustement et un fard qu'elles ajoutent à leur beauté. » Le manuscrit continuait ainsi : a c'est comme un prix dont elles l'augmentent. » Il y eut sans doute des réclamations très vives, principalement sur ce dernier trait ; il fut biffé, et ne parut point dans le livre. Mais on laissa à la suite, ou bien on substitua celui-ci, qui n'est guère que la même idée sous une forme adoucie : « C'est un attrait fin et délicat, et une douceur déguisée. »
Le petit conclave se récria sans doute aussi sur la maxime suivante : « La chasteté des femmes est l'amour de leur réputation et de leur repos. » C'était la leçon du manuscrit ; celle du livre imprimé fut modifiée en un point : au mot précis la chasteté, on substitua le mot plus vague l'honnêteté. Puis on proposa d'ajouter l'adverbe souvent,