Traité de la Connaissance de Dieu et de soi-même
Bossuet usa d'abord de ménagements envers madame Guyon : il obtint qu'elle lui livrât tous ses papiers, et même sa biographie manuscrite, avec un abandon confiant qu'elle n'avait pas eu pour Fénelon. Elle espérait sans doute par là gagner le tout-puissant évêque de Meaux, et arrêter ses foudres. Il eut avec elle une conférence de sept heures, en présence du duc de Chevreuse. Il essaya de l'engager au silence, et crut y avoir réussi. Il tâcha aussi de retenir Fénelon, qui, d'ailleurs, s'en remettait entièrement à sa décision au sujet de l'article principal de la doctrine, l'amour désintéressé. « L'Église n'avait encore prononcé aucun jugement sur cette question ; et, quoique Bossuet ne goûtât point ce sentiment, il était arrêté par l'exemple et l'autorité de plusieurs Pères, de quelques Saintes, dont l'Église a canonisé les vertus, et d'un grand nombre de théologiens, qui s'étaient montrés favorables à la doctrine du pur amour 1 . » Fénelon, sur ces entrefaites, ayant été nommé à l'archevêché de Cambrai, Bossuet s'empressa d'être, avec monsieur de Châlons *, le parrain du nouvel archevêque et le sacra à Saint- Cyr, pour témoigner publiquement de sa bonne entente avec lui. En même temps, il le consulta au sujet d'un livre intitulé : Instruction sur les États d'oraison ( c'est-