‹ Pascal mondain et amoureuxChapitre 5 sur 15 · LE VOYAGE DE PASCAL EN POITOU : OCTOBRE · texte numérisé non relu

LE VOYAGE DE PASCAL EN POITOU : OCTOBRE

Les savants éditeurs des Œuvres de Pascal, M. M. Brunschevi^k, Boutroux et Gazier, se bornent à dire au sujet de ce voyage : « nous n'avons aucun document qui nous fasse connaître si le projet de Pascal fut mis à exécution ».

Cette réserve n'a pas été adoptée par M. de Roux (Pascal en Poitou, p. 31) ; sans plus approfondir, cet historien émet ces simples mots, des plus décisifs : « le malade, c. à. d. Pascal lui-même, ne dut pas faire le voyage, car nous le voyons en octobre vhez Mmé « de Sablé ». Et on cite en note sommairement : « Arnaud à Périer, 19 octobre ( Œuvres, X, 16) »

Il apparaissait tout d'abord que les « Œuvres » ainsi visées étaient celles même d'Arnauld. Ayant sous la main unecdition des Lettresd'Arnauld(2vo1. in-12, Nancy, 1727), nous l'avons consultée : aucune lettre d'Arnauld à Périer, datée du 19 octobre, n'y figure ; il y a seulement une lettre au P. Le Jeune, prêtre de l'Oratoire, avec la date du 30 octobre 1660, et Arnauld dit expressément qu' « il a fait depuis peu un assez long voyage. «Ces termes sont à retenir.

Mais ce n'était pas l'édition des Œuvres d'Arnauld qui se trouvait en jeu, c'était l'édition, la grande édition des Œuvres DEPAscALpubliéeparM.MBrunschwigk, Boutroux et Gazier. Là, au tome X» p. 16, voici en effet — à la date du « 19 octobre 1660 » — la lettre d'Arnauld à Périer :

« J'ai reçu celle que vous m'avez fait l'honneur de « m'envoyer, etc.. Mais il y a des raisons qui m'o- • bligent à me tenir caché plus que jamais.... Ainsi, t M. Pascal a eu la bonté de se charger de l'affaire « (recommandation ou commission quelconque), et « ne pouvant voir la Marquise à cause de la petite vé- « rôle qui a été chez lui, il verra M. Le Nain avec qui « il concertera de tout ce qu'il faudra faire. »

II résulte de cette lettre que — malgré l'affirmation de M. de Roux — personne n'a vu, n'a pu voir Pascal en octobre 1660 chez Mme de Sablé : par délicatesse il se serait interdit, à cause des appréhensions de la Marquise pour les maladies contagieuses, de lui faire visite, mais il aurait chargé M. Le Nain de la commission qui lui avait été confiée.

D'ailleurs, faut-il ajouter qu'on a de Pascal une lettre à Mme de Sablé, avec la date présumée de fin 1660?

Il y a plus encore : selon les savants éditeurs des Œuvres de Pascau, ce ne serait peut-être pas d'octobre 1660 que devrait être datée la lettre d'Arnauld à Périer. On lit effectivement au même tome X de ces Œuvres (note 1, p. 37): « un manuscrit de la bibliothèque de Troyes date cette lettre du 26 novembre 1653, mais cette indication d'une copie des manuscrits Guerrier n'a pas d'autorité »

Ici, on peut se demander : le 2e recueil du P,

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