‹ Pascal physicien et philosophe: Défense de PascalChapitre 12 sur 51 · Faugère, Pensées, etc., t. I, p. m · texte numérisé non relu

Faugère, Pensées, etc., t. I, p. m

2. Voyez la Mîise historique de Loret, L. 111, L., 14* éd. Livet.

« Je me rencontrai Vautre jour Dedans le petit Luxembour,

pas de petite condition); Pascal avait-il conçu le désir et nourri Tespoir de s'allier à la famille des Roannez? Ou bien quelque autre femme du grand monde, la Sapho, par exemple, dont parle Fléehier, aurait-elle fait sur lui une impression même passagère * ? « Cette demoiselle (qui était la Sapho du pays) était aimée par tout ce qu'il y avait de beaux esprits... M. Pascal qui s'est depuis acquis tant de réputation et un autre savant étaient continuellement auprès de cette belle savante. » Fléehier, qui séjourna à Glermont de 1665 à 1666, semble avoir été fort à même d'être bien informé. Et il est, d'autre part, constant que Pascal, venu à Glermont en mai 1649, y resta jusqu'en novembre 1650. Toutefois, Fléehier a pu ici, comme il l'a fait ailleurs à

Auquel beau lieu que Ton bénie, Se trouve grande compagnie Tant duchesses que cordons bleus, Pour y voir les effets merveilleux D'un ouvrage d'arithmétique Autrement de mathématique, Où, par un secret sans égal, Son rare autei;ir nommé Pascal Fit voir une spéculative Si claire et si persuasive Touchant le calcul et le jet Qu'on admire son grand projet; Il fit encore sur des fontaines Des démonstrations si pleines D'esprit et de subtilité.

Que l'on vit bien en vérité Q'un très beau génie il possède Et l'on le traite d'Archimède. »

1. Mémoires sur les Grands Jours d'Auvergne en 466S Paris, 1856, in-8, p. 79.

propos de Pascal, se méprendre et le confondre avec quelque parent du même nom. Au demeurant, qui se flatterait de pouvoir répondre pertinemment à la question de savoir si Pascal a aimé? et n*est-il pas déjà comme indiscret ou téméraire de se l'être posée? En tout cas, et à aucun degré, nous ne ferons à Pascal l'injure de croire que ce soit par dépit qu'il ait suscité ou même encouragé les dispositions religieuses de sœur Charlotte de la Passion. Son caractère altier devait le préserver de ce bas et hypocrite désespoir. Nous ne songeons pas davantage à soutenir que Pascal ait jamais été amoureux, dans le sens un peu matériel que d'ordinaire on attache à cette expression. Ce que nous persistons à penser, gardant ainsi, nous semble-t-il, une juste mesure, c'est que, avant d'entrer en commerce pieux avec Mlle de Roannez et en sollicitude pour une âme qu'il était ravi d'assurer à Dieu, Pascal n'est peutêtre pas resté complètement insensible aux agréments de son esprit et aux charmes de sa personne. De là, chez lui, l'émotion chaste et profonde qu'il s'est appliqué à contenir, mais qui passée dans quelques-uns de ses écrits, et très particulièrement dans le Discours sur les passions de l'amour y suffît à démentir la sécheresse ou même la dureté de cœur qu'on lui a parfois reprochée.

Effectivement, à en croire certains censeurs, Pascal, qui peu après sa première conversion, se mon-

trait sans pitié pour un obscur religieux, coupable, soivant lui, d'avoir prononcé quelques discours hétérodoxes et qu'il n'avait pas craint de dénoncer anx sévérités de Tarchevèque de Rouen; Pascal, à la mort de son père, comme à la mort de sa sœur, aurait témoigné d'une sorte d'insensibilité choquante. 11 y a plus : dégagé de tout intérêt humain, mais aussi de toute affection humaine, et déclarant souverainement injuste qu'on s'attachât à lui, ne blâmait-il pas les caresses que Mme Perier faisait à ses enfants, ou n'allait-il pas même jusqu'à proscrire, à l'égal d'une pensée sacrilège, un projet de mariage sur lequel elle le consultait pour sa fille, Jacqueline Perier *? Et cette espèce de dur ascétisme ne devenait-il point chez Pascal d'autant plus rebutant et condamnable qu'il s'y mêlait, dans les détails de la vie, un mépris calculé du soin de sa personne et comme un oubli des convenances, que sœur de Sainte-Euphémie elle-même ne pouvait s'empêcher de lui reprocher? « On m'a congratulée, lui écrivait-elle, en décembre 1655, dansnme lettre souvent citée ; on m'a congratulée pour la grande ferveur qui vous élève si fort au-dessus de toutes les manières communes, que vous mettez les balais au rang des meubles superflus. Il est nécessaire que vous soyez, au moins durant quelques mois, aussi

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