‹ Pascal physicien et philosophe: Défense de PascalChapitre 14 sur 51 · Faugère, Lettres, opuscules et mémoires, etc., p · texte numérisé non relu

Faugère, Lettres, opuscules et mémoires, etc., p

2. Jrf., Pensées, etc., t. I, p. 65 et suiv.; Faugère assigne pour date à cette Prière la On de 1647. C'est aussi à cette môme année ou à Tannée suivante qu*il rapporte le morceau intitulé : Écrit sur la conversion du pécheur, Ibid,, p. 81.

3. Cf. Vie de Pascal par Mme Perier. « Pour avoir toujours présent ce principe qu'un cœur ne doit être qu'à Dieu seul, mon frère Pavait écrit de sa main sur un petit papier où il y avait ces mots : « Il est injuste qu'on s'attache à moi, quoiqu'on le fasse avec plaisir et volontairement. Je tromperais ceux en qui je ferais naître ce désir, car je ne suis la fin de personne, et je n'ai pas de quoi les satisfaire. Ne suis-je pas prêt à mourir? et ainsi l'objet de leur attachement mourra donc. Comme je serais coupable de faire

mort de nos proches qu'une perte irréparable, d'où suivent des gémissements qui ne veulent par aucune consolation être apaisés. Pascal, après la mort de son père, surmontant en quelque façon le deuil qui, en même temps que tous les siens, le consterne, Pascal adresse à M. Perier « un discours, bien consolatif, dit-il, à ceux qui ont assez de liberté d'esprit pour le concevoir au fort de la douleur * ». Et en effet, quoique la blessure de Pascal soit encore toute saignante, et malgré les regrets qui l'oppressent, tout son discours se résume dans ces paroles d'invincible espérance, par où il en appelle de ce que voient les yeux du corps à ce qu'aperçoivent, éclairés par la foi, les yeux de l'esprit. <c Ne considérons plus la mort comme des païens, mais comme des chrétiens, c'est-à-dire avec l'espérance, comme saint Paul l'ordonne, puisque c'est le privilège spécial des chrétiens. Ne considérons plus un corps comme une charogne infecte, car la nature trompeuse le considère de la sorte, mais

croire une fausseté, quoique je la persuadasse doucement et qu'on la crût avec plaisir, et qu'en cela on me fît plaisir; de même je suis coupable si je me fais aimer. Et si j'attire les gens à s'attacher à moi, je dois avertir ceux qui seraient prêts à consentir au mensonge, qu'ils ne le doivent pas croire, quelque avantage qu'il m'en revînt; et de même, qu'ils ne doivent pas s'attabher à moi, car il faut qu'ils passent leur vie et leurs soins à plaire à Dieu ou à le chercher. »

1. Faugère, Pensées, fragments et lettres de Pascal, t. I, p. 18.

comme le temple inviolable et éternel du Saint- Esprit, comme la foi l'apprend... Ne considérons plus un homme comme ayant cessé de vivre, quoique la nature le suggère; mais comme commençant à vivre, comme la vérité Tassure. Ne considérons plus son âme comme périe et réduite au néant, mais comme vivifiée et unie au souverain vivant; et corrigeons aussi, par l'attention à ces vérités, les sentiments d'erreur qui sont si empreints en nous-mêmes et ces mouvements d'horreur qui sont si naturels à l'homme *. » Et Pascal très humainement n'ajoutait-il pas : « Je prie Dieu de former et maintenir en nous ces sentiments et de continuer ceux qu'il me semble qu'il me donne d'avoir pour vous et pour ma sœur plus de tendresse que jamais; car il me semble que l'amour que nous avions pour mon père ne doit pas être perdu, et que nous en devons faire une réfusioa sur nous-mêmes, et que nous devons principalement hériter de l'affection qu'il nous portait pour nous aimer encore plus cordialement s'il est possible *. » Ce seront là les mêmes sentiments de douce et confiante résignation qu'éprouvera Pascal, lorsque, de nouveau frappé dans ce qu'il avait de plus cher, il viendra à perdre cette sœur Jacqueline, à laquelle

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