Faugère, Pensées, etc., t. I, p
iO DÉFENSE DE PASCAL
vrages entiers et en français, et on en fera tout le monde juge *. » Ah! sans doute la casuistique, avec ses faux-fuyants, ses accommodements, ses biais, ses restrictions, ses détours, convenait mal à l'inflexible droiture de Pascal, et sa loyale nature ne pouvait qu'éprouver un dégoût invincible et qui rhonore pour les indulgences dissolvantes d'une morale relâchée. Cependant, lui qui si noblement avait consenti à humilier sa superbe sous la main de Singlin, que n'avait-il aussi appris de Singlin que la plus sévère direction spirituelle comporte ou même exige des tempéraments! « Il faut, observait l'austère Singlin dans ses Institutions chrétiennes *, il faut que celui qui conduit une âme, supporte d'abord ses défauts afin de les pouvoir corriger. Il faut souvent qu'il suive cette règle que saint Bernard dit au pape Eugène : nous ne demandons pas ce qui devrait se faire à la rigueur, mais ce qui se peut faire. » Surtout, pourquoi Pascal en était-il venu à oublier les maximes généreuses qu'il avait comme tirées de ses entrailles, lorsqu'il écrivait : a C'est une fausse piété de conserver la paix au préjudice de la vérité. C'est aussi un faux zèle de conserver la vérité en blessant la charité. — On se fait une idole de la vérité même : car la vérité hors la charité n'est pas Dieu ; c'est son image