‹ Pascal, physicien et philosophe (volume 2)Chapitre 30 sur 89 · Baillel, La Vie de M. Descartes, 2« partie, p · texte numérisé non relu

Baillel, La Vie de M. Descartes, 2« partie, p

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faite par le sieur F, Perier^ en une des plus hautes montagnes (T Auvergne j appelée vulgairement le Puy de Dôme *. Croit-on que, dans ce récit, Pascal rende à Descartes un hommage quelconque? Descartes n'y est pas même mentionné. Pascal ne juge pas davantage à propos de lui adresser un exemplaire de son récit. En vain, par Tintermédiaire de leur ami commun, Carcavi, Descartes fait-il parvenir à Pascal l'expression d'un légitime regret. Chez Pascal, même mutisme. Il y a plus. Déjà, en 1647, dans une lettre à Le Pailleur, tandis qu'il prononçait avec respect le nom « du grand Torricelli », Pascal n'avait cité Descartes que pour rappeler que c'était précisément à la matière subtile de ce philosophe, c'est-à-dire, suivant lui, à une chimère, qu'un de ses contradicteurs, le P. Noël avait recours '. Descartes mort n'obtint pas de lui plus de justice. Lisez en effet la lettre que Pascal écrivit le 12 juillet 1651 à M. de Ribeyre, premier président de la Cour des Aides de Clermont-Ferrand , au sujet de ce qui fut dit dans le prologue des thèses de philosophie soutenues en sa présence dans le collège des Jésuites de Montferrand, le 25 juin 1651, lettre que Pascal et son père donnèrent ordre à M. Perier de publier. Pascal avait cru constater dans le prologue de ces thèses dédiées à M. de Ribeyre, qu'on l'accusait « de s'être voulu dire l'auteur d'une

i. Bossut, Œuvres de B. Pascal^ t. IV, p. 345 et suiv. 2. /rf., Ihid., t. IV, p. 167 et 169.

expérience qui n'était pas de son invention ». Aussi est ce sur un ton presque tragique ^ ou du moins avec une âpre té singulière, que Pascal, tout en faisant à Galilée et une fois de plus « au grand Torricelli * » une juste part dans la détermination de la véritable cause des effets attribués à Thorreur du vide, s*empresse de revendiquer comme absolument sienne la découverte de la pesanteur de l'air. Il s'indigne d'ailleurs qu'on puisse imaginer qu'il en est en quoi que ce soit redevable à un Capucin milanais, le P. Valérien Magni, missionnaire apostolique en Pologne, qui avait, bien après lui, répété l'expérience de Torricelli, et sans y rien ajouter de nouveau. Quant à Descartes, dans cette

1. Cf. Bossut, Œuvres de B. PascaU t. IV, p. 198 et suiv. Vainement M. de Ribeyre, dans sa réponse, ramena-t-il cette très petite affaire du Collège de Montferrand à ses véritables proportions, en exprimant le regret que Pascal et son père, par la publication de la lettre que Biaise Pascal lui avait adressée, eussent donné de l'éclat à un incident de soi sans importance. Pascal répliquait à M. de Ribeyre pour rassurer du respect qu'il portait à sa personne, mais aussi pour maintenir ônergiquement son droit et le devoir qu'il avait eu de protester.

2. « Le grand Torricelli ! » Cela n'empêche point Pascal {Histoire de la Roulette^ 10 octobre 1658) de rappeler que Torricelli, peu de temps avant sa mort, eut le tort inexcusable de vouloir s'approprier une solution de la Roulette ou Cycloïde, due à Roberval. « Ce fut, écrit-il, un sujet de rire en France, de voir que Torricelli s'attribuait, en 1644, une invention qui était publiquement et sans contestation reconnue depuis huit ans pour être de M. de Roberval, et dont il y avait en outre une infinité de témoins vivants^ des témoignages imprimés, etc. » Bossut, Ouvr. cit,, t. V, p. 167.

lettre, de même que dans toutes ses autres publications relatives à la question du vide, Pascal garde obstinément à son endroit un absolu silence. « Il est véritable , Monsieur , conclut-il en s' adressant à M. de Ribeyre, il est véritable, et je vous le dis hardiment, que cette expérience est de mon invention; et partant je puis dire que la nouvelle connaissance qu'elle nous a découverte, est entièrement de moi *. » La conclusion des deux traités de V Équilibre des liqueurs et de la Pesanteur de la masse de l'air, n'est pas moins affirmative. « Que la Nature ait une horreur invincible du vide, c'est ce qu^on a cru avec tant de certitude, que les philosophes en ont fait un des plus grands principes de leur science, et le fondement de leurs traités du vide : on le dicte tous les jours dans les classes et dans tous l^s lieux du monde, et depuis tous les temps dont on a des écrits, tous les hommes ensemble ont été fermes dans cette pensée, sans que personne y ait contredit jusqu'à ce temps *. » Et peu au courant de la distinction qu'il convient de faire entre le vrai Péripatétisme et le Péripatétisme corrompu, Pascal ne craint pas d'ajouter : « Que tous les disciples d'Aristote assemblent tout ce qu'il y a de fort dans les écrits de leur maître et de ses commentateurs, pour rendre raison de ces choses par

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