‹ Pascal, physicien et philosophe (volume 2)Chapitre 45 sur 89 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

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Dans un de ses plus ingénieux ouvrages de mathématiques, le Traité du triangle arithmétique *, Pascal, entre autres usages de ce triangle, signalait celui qu'on en pouvait faire pour déterminer les partis entre deux joueurs qui jouent en plusieurs parties, « Pour entendre la règle des partis, écrivait-il, la première chose qu'il faut considérer est que l'argent que les joueurs ont mis au jeu ne leur appartient plus, car ils en ont quitté la propriété ; mais ils ont reçu, en revanche, le droit d'attendre ce que le hasard peut leur en donner, suivant les conditions dont ils sont convenus d'abord. Mais comme c'est une loi volontaire, ils peuvent la

1. Traitez du triangle arithmétique avec quelques autres petits traitez sur la mesme matière, à Paris, chez Guillaume Desprez, 1665, in-4.

rompre de gré à gré, et ainsi en quelque terme que le jeu se trouve, ils peuvent le quitter et, au contraire de ce qu'ils ont fait en y entrant, renoncer à Fattente du hasard, et rentrer chacun en la propriété de quelque chose ; et, en ce cas, le règlement de ce qui doit leur appartenir doit être tellement proportionné à ce qu'ils avaient droit d'espérer de la fortune, que chacun d'eux trouve entièrement égal de prendre ce qu'on lui assigne ou de continuer l'aventure du jeu : et cette juste distribution s'appelle le parti ^ »

Le parti, c'est-à-dire la répartition du gain en proportion du calcul des chances, c'est là un mot qui revient fréquemment chez Pascal, et avec les applications les plus imprévues aussi bien que les plus saisissantes.

Effectivement, écoutez- le :

« Partis. Il faut vivre autrement dans le monde selon ces diverses suppositions : l^' si on pouvait y être toujours ; â^ s'il est sûr qu'on n'y sera pas longtemps, et incertain si on y sera une heure. Cette dernière supposition est la nôtre '. »

« Que me promettez-vous enfin, sinon dix ans d'amour-propre à bien essayer de plaire sans y réussir, outre les peines certaines? Car dix ans, c'est le parti *. »

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