Ibid,, p
« On doit travailler pour l'incertain, par la règle des partis qui est démontrée ^ »
« Par les partis, vous devez vous mettre en peine de rechercher la vérité : car si vous mourez sans adorer le vrai principe, vous êtes perdu '. »
Et encore :
<c Examinons donc ce point, et disons : Dieu est ou il n*est pas. Mais de quel côté pencherons-nous? La raison n*y peut rien dét^miner. Il y a un chaos infini qui nous sépare. Il secoue un jeu, à l'extrémité de cette distance infinie, où il arrivera croix ou pile. Que gagerez- vous? Par raison, vous ne pouvez faire ni l'un ni l'autre; par raison, vous ne pouvez défendre nul des deux... Le juste est de ne point parier...
« Oui, mais il faut parier. Gela n'est pas volontaire, vous êtes embarqué. Lequel prendrez-vous donc? Voyons... Votre raison n'est pas plus blessée en choisissant l'un que l'autre, puisqu'il faut nécessairement choisir. Voilà un point vidé, mais votre béatitude? Pesons le gain et la perte en prenant croix, que Dieu est. Estimons ces deux cas : Si vous gagnez, vous gagnez tout; si vous perdez, vous ne perdez rien. Gagez donc qu'il est, sans hésiter...
1. Les Pensées de Biaise Pascal, édil. Molinier, t. I, p. 121. « Saint Augustin a vu qu'on travaille pour Tincertain, sur mer, en bataille, etc., mais il n'a pas vu la règle des partis, qui démontre qu'on le doit. »