Œuvres de Méré, t. 11, p
bien démêlé. Elle en chercha le sens et, ne le pouvant trouver, elle me répondit assez plaisamment qu'elle s'entendait fort bien dans le moment qu'elle écrivait, mais qu'il y avait déjà quelques jours, et qu'elle ne s'en souvenait plus *. » « Quand donc on écrit à tour de bras, et qu'on ne retouche rien, que peut-on faire qui mérite d'être regardé? » Suivant Méré, qui mesure à son propre talent le génie, plus de façon est nécessaire à quiconque prétend bien écrire: et surtout lorsque c'est à des femmes qu'on écrit, c'est-à-dire « aux personnes les plus délicates du monde », il estime « qu'il ne faut pas s'épargner quand on songe à leur dire je ne sais quoi qui leur plaise, et qui leur paraisse de bon air * ».
Toutefois ce n'est point assez pourMéré que de se faire valoir par les charmes apprêtés de ses compositions épistolaires et de mériter ainsi des dames, en particulier, un public applaudissement. Maître juré en matière de belles manières et de convenances, il va jusqu'à prétendre être leur précepteur et se pique même d'avoir formé à la politesse plu* sieurs d'entre elles et des plus qualifiées, telles que Mme de Clairambaud et la duchesse de Lesdiguières* Mais, dans le nombre, il en est une qui exige naturellement qu'on s'y arrête. Les lettres du Chevalier (malheureusement toujours sans date) la désignent