Œuvres de Méré^ t. I, p
chez sa tante de Viliette? Or, informé de ce dessein, voici ce que Méré mandait à H. de Harillac, intendant de la province. « Il n'y a point d'humeur si sauvage qui puisse tenir contre une lettre si galante qu'est celle que vous me faites l'honneur de m'écrire. Aussi, Monsieur, quoique je sois enchanté, comme vous dites, le long des ruisseaux, je me souviens toujours agréablement du plaisir que j*avais après de vous sur le rivage de la mer, et ce charme l'emporte sur celui de ma solitude. Je me prépare donc à vous aller rendre mes respects^ et je suis bien aise que vous ayez à gouverner trois ou quatre jours Mme de Maintenon ; mais je la crains presque autant que je la souhaite. Elle m'a fait passer de fâcheuses nuits, et si je la revoyais sou-* venty cela me pourrait bien encore arriver. J'ai été le premier à l'instruire et, quand elle voudrait rougir d'avoir eu un si mauvais maître, je n'ai pas peu contribué à ces manières si délicates et à ces grâces si piquantes que vous admirez en elle. J'espère de lui faire avouer en votre présence qu'elle m'en est obligée, et vous jugez bien que ce ne sera pas tant par reproche que par vanité ^. » Aussi bien, il y avait longtemps que Méré s'était posé en protec'* teur et en protecteur attitré de Mme Scarron. C'est ainsi qu'antérieurement il écrivait à un autre inten-